Le suicide reste un phénomène largement sous-estimé en République démocratique du Congo. Chaque année, entre 5 000 et 5 800 personnes en meurent dans le pays, selon les chiffres communiqués jeudi 10 septembre à Kinshasa par le représentant de l’Organisation mondiale de la santé, Étienne Mpoyi.
Ces données ont été présentées lors d’une activité organisée à l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide. Les autorités sanitaires ont profité de cette rencontre pour attirer l’attention sur un problème encore entouré de silence et de stigmatisation.
Pour le ministère de la Santé publique, la prévention ne doit plus être limitée aux seuls spécialistes de la santé mentale. Le secrétaire général à la Santé a appelé les familles, les communautés, les professionnels de santé et les institutions à s’impliquer davantage dans l’identification et l’accompagnement des personnes en détresse.
Les experts présents à Kinshasa ont également insisté sur les réalités sociales et sécuritaires qui peuvent fragiliser davantage certaines personnes. Les violences, les conflits armés, les déplacements forcés, la pauvreté, l’isolement, les discriminations, les troubles mentaux ou encore la consommation de substances psychoactives figurent parmi les principaux facteurs évoqués.
Pour renforcer la riposte, les autorités veulent rapprocher les services de santé mentale de la population. Le gouvernement prévoit notamment leur intégration dans les structures de soins de santé primaires, la formation du personnel médical et des relais communautaires ainsi que l’amélioration du suivi des cas.
Un autre chantier concerne la lutte contre la stigmatisation. Pour les autorités sanitaires, la peur du jugement et le manque d’information empêchent encore de nombreuses personnes en souffrance de chercher de l’aide.
Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers
