L’épidémie d’Ebola continue de progresser en République démocratique du Congo, avec plus de 2.000 morts et 53 zones de santé touchées dans cinq provinces, informe le gouvernement. Face à cette situation, le gouvernement veut renforcer sa riposte en misant notamment sur la surveillance communautaire et une possible utilisation élargie du vaccin Ervebo.
La principale inquiétude concerne le suivi des contacts. Selon Africa CDC, environ 10 % seulement des contacts attendus seraient identifiés. Parmi ceux recensés, près de 70 % sont suivis, contre un objectif de 95 %. Plus préoccupant, près de quatre nouvelles infections sur cinq surviendraient en dehors des chaînes de transmission connues et plus de 60 % des décès dans les communautés.
Pour réduire ces écarts, la RDC veut rapprocher la riposte des villages. Des agents de santé communautaires choisis localement doivent être formés, équipés et rémunérés pour détecter les alertes, suivre les contacts, orienter les malades et accompagner la vaccination ainsi que les enterrements sécurisés.
Le gouvernement envisage également d’élargir l’utilisation d’Ervebo. Ce vaccin est homologué contre Ebola Zaïre, mais pas contre Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle. Son utilisation se ferait donc sous protocole et surveillance scientifique, notamment auprès des contacts, des contacts de contacts, des soignants et des personnes fortement exposées.
La stratégie prévoit aussi du remdesivir pour certains malades confirmés et de l’obeldesivir en prophylaxie post-exposition pour certains contacts à haut risque. La gratuité temporaire des soins essentiels dans les zones touchées et un paiement plus régulier du personnel de santé sont également envisagés.
La RDC prévoit de soumettre mercredi 12 août une demande formelle de doses d’Ervebo à l’International Coordinating Group. Africa CDC souhaite un examen accéléré pour permettre une livraison rapide par l’UNICEF en cas d’autorisation. Le nombre de doses demandé n’est pas encore précisé.
Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers
