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Les migrants expulsés par les États-Unis dénoncent leurs conditions en RDC

by Etienne Kambala
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Pour la première fois, la RDC accueille des migrants expulsés des États-Unis dans le cadre d’un mécanisme de transfert vers des pays tiers. Quinze ressortissants sud-américains, arrivés à Kinshasa, dénoncent leurs conditions et expriment leur inquiétude quant à leur avenir.

Le pays s’inscrit désormais dans un dispositif migratoire américain de plus en plus contesté. Vendredi dernier, quinze migrants originaires de Colombie, d’Équateur et du Pérou ont été transférés vers Kinshasa après leur expulsion des États-Unis. Selon leurs témoignages recueillis par l’Agence France-Presse, ils ont passé près de 27 heures de vol, menottés, avant d’atterrir dans un pays dont ils ignoraient la destination jusqu’à la veille de leur départ.

À leur arrivée, ces migrants ont été installés dans un complexe hôtelier situé à proximité de l’aéroport de Kinshasa, où ils vivent depuis cinq jours sous surveillance. Ils affirment ne pas être autorisés à quitter les lieux. Des véhicules de sécurité sont visibles sur place et aucun visiteur n’est admis. L’absence de communication claire sur leur statut alimente leur inquiétude, d’autant qu’aucun d’entre eux ne maîtrise le français, langue officielle du pays.

Ce transfert s’inscrit dans une stratégie américaine consistant à rediriger des migrants en situation irrégulière vers des pays tiers. Plusieurs États africains, dont le Rwanda, le Ghana ou encore le Cameroun, ont déjà accepté ce type d’accords, souvent accompagnés d’un soutien financier ou logistique. L’Organisation internationale pour les migrations indique qu’elle assure la prise en charge temporaire des migrants et peut proposer un retour volontaire assisté vers leur pays d’origine.

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Sur place, les conditions de séjour suscitent des préoccupations. Certains migrants évoquent des problèmes de santé sans suivi médical adéquat. D’autres redoutent la fin prochaine de leur prise en charge, limitée à un visa de courte durée. Face à cette incertitude, plusieurs disent se sentir contraints d’accepter un retour forcé. Cette situation provoque déjà des réactions au sein de l’opinion publique congolaise, alors que la capitale Kinshasa, confrontée à d’importants défis socio-économiques, peine elle-même à répondre aux besoins de sa population.

Photo A LA UNE : Image générée par l’IA

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