La RDC compte désormais plus de 10 000 cas confirmés d’Ebola depuis le début de l’épidémie déclarée en mai. Mais la circulation du virus se concentre de plus en plus dans quelques foyers, principalement en Ituri et au Nord-Kivu, alors que plusieurs autres zones touchées enregistrent une accalmie.
Selon le bilan arrêté au 25 octobre, 10 060 cas confirmés ont été recensés, dont 4 887 décès, soit une létalité de 48,6 %. Depuis le début de l’épidémie, 66 zones de santé réparties dans huit provinces ont été affectées.
L’Ituri reste de loin la province la plus touchée avec 7 211 cas et 3 370 décès. Elle concentre à elle seule près de 72 % de toutes les contaminations enregistrées dans le pays. Le Nord-Kivu suit avec 2 309 cas et 1 293 décès, pour une létalité de 56 %, supérieure à la moyenne nationale.
Les dernières données confirment le poids de ces deux foyers. Sur les 96 nouveaux cas rapportés le 25 octobre, 58 ont été enregistrés au Nord-Kivu et 32 en Ituri. La Tshopo en a compté six.
Aucune nouvelle zone de santé n’a cependant été touchée au cours de cette journée. Plusieurs territoires déjà affectés connaissent également des périodes prolongées sans nouvelle contamination, signe que la transmission ralentit dans une partie du pays.
Cette amélioration reste néanmoins fragile. La surveillance des contacts demeure en dessous des objectifs fixés par la riposte. Dans les cinq provinces ayant transmis leurs données, 16 205 personnes sur 19 853 attendues ont été effectivement suivies, soit 81,6 %, contre un objectif de 95 %.
Les contraintes logistiques compliquent également la prise en charge dans les foyers les plus actifs. En Ituri, deux femmes présentant des symptômes et identifiées comme cas suspects à Biakato May n’ont pas pu être transférées vers une structure sanitaire faute d’ambulance.
Autre difficulté, les décès dans la communauté restent nombreux. Sur les 46 décès confirmés notifiés dans le dernier bilan, 40 ont été enregistrés hors des centres de traitement. Une situation qui montre que la détection précoce et l’accès rapide aux soins restent encore insuffisants dans certaines zones.
Dans le même temps, le nombre de personnes guéries continue d’augmenter. Au 25 octobre, 2 684 malades avaient été déclarés rétablis, dont 14 au cours de la seule journée concernée par le rapport.
L’évolution de l’épidémie reste donc contrastée. Alors que l’Ituri et le Nord-Kivu continuent d’alimenter l’essentiel des nouveaux cas, plusieurs autres zones connaissent une baisse de la transmission. La maîtrise durable de l’épidémie dépendra désormais de la capacité de la riposte à contenir ces derniers foyers sans perdre les acquis enregistrés ailleurs.
Crédit Photo A La Une : Capture d’écran vidéo Min. Santé Publique
