La candidate libérale Affine Lwalalika refuse de considérer l’élection dans Vachon comme définitivement réglée. Après le dépouillement judiciaire qui a donné trois voix d’avance au péquiste Stephan Fogaing, elle annonce ce lundi 26 octobre 2026 vouloir exercer les recours prévus par la loi pour contester le rejet de certains bulletins.
Le scrutin dans Vachon pourrait connaître un nouveau prolongement devant les tribunaux. Affine Lwalalika remet en cause la décision prise sur plusieurs bulletins lors du dépouillement judiciaire tenu du 19 au 21 octobre au palais de justice de Longueuil.
Le soir du scrutin du 5 octobre, la candidate du Parti libéral du Québec avait terminé en tête avec 10 063 voix, contre 10 053 pour Stephan Fogaing. Avec seulement dix voix d’écart, le candidat du Parti québécois avait demandé un dépouillement judiciaire.
Le nouvel examen des bulletins a renversé le résultat. Stephan Fogaing a finalement obtenu 10 023 voix contre 10 020 pour Affine Lwalalika, soit une avance de trois voix.
Le nombre de bulletins rejetés est également passé de 588 lors du recensement initial à 730 après le dépouillement judiciaire. Une différence de 142 bulletins qui nourrit désormais la contestation de la candidate libérale, même si rien ne permet d’établir que l’ensemble de ces votes lui était destiné.
Affine Lwalalika affirme que plusieurs bulletins considérés comme valides lors du premier décompte ont été écartés en raison de petites marques de crayon à l’extérieur du cercle réservé au vote.
« Plusieurs votes jugés valides le soir de l’élection ont été rejetés lors du dépouillement judiciaire parce qu’un ou plusieurs traits de crayon, essentiellement mineurs et parfois très pâles, figuraient à l’extérieur du cercle prévu », soutient-elle.
Selon elle, certains bulletins comportaient pourtant « un X ou un crochet clairement inscrit dans le cercle », ce qui démontrerait une intention de vote suffisamment claire.
« Nous estimons que l’intention de ces électeurs était sans équivoque et que ces bulletins devraient être déclarés valides au terme d’un nouvel examen judiciaire », ajoute-t-elle.
La candidate libérale estime également que la présence d’une marque supplémentaire ne devrait pas automatiquement entraîner le rejet d’un vote lorsque le choix de l’électeur peut être clairement identifié.
« Une marque supplémentaire, sans inscription injurieuse, mineure et souvent très pâle, sans dessin ni élément permettant d’identifier l’électeur, devrait-elle suffire à écarter une voix clairement exprimée ? C’est ce que nous allons soumettre aux tribunaux », affirme Affine Lwalalika.
La Loi électorale du Québec prévoit plusieurs situations pouvant entraîner le rejet d’un bulletin, notamment lorsqu’il est marqué ailleurs que dans les espaces prévus ou lorsqu’il comporte un élément permettant d’identifier l’électeur. Elle précise toutefois qu’un bulletin ne peut être rejeté uniquement parce qu’une marque dépasse le cercle.
C’est cette interprétation qui pourrait désormais se retrouver au cœur du débat judiciaire. La contestation devra établir si les marques observées sur les bulletins concernés suffisaient réellement à les invalider.
« Nous ne concédons pas la victoire au PQ dans Vachon et entendons exercer les recours prévus par la loi », affirme Affine Lwalalika.
À ce stade, le résultat issu du dépouillement judiciaire reste néanmoins favorable à Stephan Fogaing. Le candidat péquiste est celui qui a obtenu le plus grand nombre de voix à l’issue du recomptage, avec trois votes d’avance.
Après un premier résultat favorable au PLQ puis un renversement en faveur du PQ, le siège de Vachon pourrait donc encore faire l’objet d’une bataille judiciaire avant que le dossier ne soit définitivement clos.
Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers
