Des fidèles donnent leur argent pendant des années pour acheter un terrain, construire une église ou agrandir un temple présenté comme la maison de Dieu. Des collaborateurs servent aux côtés du pasteur, portent l’œuvre, enseignent, prient et donnent eux aussi de leur temps. Puis le pasteur meurt, les papiers ressortent, les héritiers apparaissent et l’assemblée découvre parfois que le sacrifice de tous n’a jamais produit un bien commun. Le fils du visionnaire se retrouve alors au premier rang pour hériter de ce qu’un peuple a financé et que d’autres serviteurs ont consacré des années à bâtir.
Au sein de certaines communautés chrétiennes africaines, le croyant apprend très tôt à reconnaître la voix d’un démon, beaucoup plus rarement celle d’un taux d’intérêt. Il sait jeûner pendant trois jours, semer une offrande malgré un découvert bancaire et répéter qu’il sera la tête plutôt que la queue. Le lendemain, quelques centaines de dollars empruntés à un prêteur coûteux lui permettent de traverser la semaine.
Nos assemblées savent créer des moments spirituels intenses. On prie pour le mariage, la guérison, l’emploi, la délivrance, la réconciliation ou l’amélioration financière, puis chacun repart convaincu que Dieu vient d’agir.
Malachie occupe une place considérable dans les prédications consacrées à l’argent. Le fidèle apprend à apporter sa dîme, à honorer Dieu avec ses biens et à donner avec foi. Cette générosité peut devenir une véritable discipline spirituelle. Le prédicateur devrait parler avec la même précision de l’épargne, du crédit, des assurances, de l’endettement, de la fiscalité et de l’investissement. Un croyant peut connaître exactement le pourcentage qu’il remet à son église tout en ignorant le taux que sa carte de crédit prélève chaque mois sur son avenir.
Prenons un homme qui gagne correctement sa vie. Aucun budget, des dettes qui s’accumulent et une fin de mois toujours mystérieuse. Certains parleront d’un combat spirituel ou d’un héritage familial à briser. Le dimanche, le pasteur lui annonce qu’il deviendra millionnaire. Une question plus urgente mérite parfois de précéder la prophétie : que fait cet homme de son salaire actuel ? Quelqu’un qui perd chaque mois la trace de 2 000 dollars pourra reproduire les mêmes habitudes avec 20 000. La prospérité commence aussi dans la manière d’administrer ce qui se trouve déjà entre nos mains. Ici, aucun esprit mauvais à chasser. La mauvaise gestion suffit. Le prédicateur qui entre dans le portefeuille du fidèle au moment de donner doit pouvoir y entrer aussi au moment de lui apprendre à gérer son argent.
Ce qui vaut pour le portefeuille du fidèle vaut aussi pour le compte de l’assemblée. Une mauvaise gestion individuelle peut engloutir un salaire. C’est déjà beaucoup. À l’échelle d’une communauté entière, la même absence de vigilance peut engloutir davantage encore, le fruit de plusieurs années de sacrifices, un terrain, un bâtiment, parfois tout le patrimoine de l’assemblée.

Le Durban Christian Centre, à Durban, en Afrique du Sud.
Car l’argent donné à Dieu ne disparaît pas dans le ciel. Cet argent entre dans un compte, paie des travaux, achète du béton, des briques, du carrelage, puis devient un bien réel inscrit quelque part sur un acte. Et lorsqu’un bien existe, quelqu’un doit signer. Quelqu’un doit en être propriétaire. Quelqu’un doit porter le nom. Regardez donc ce nom.
Vingt ans de sueur collective, de prières communes et de sacrifices partagés peuvent tenir un jour sur une seule ligne d’un registre foncier. Les fidèles croyaient bâtir la maison de Dieu. Sur les papiers, cette maison devrait au moins appartenir à l’assemblée qui l’a financée. Pourtant, un autre nom apparaît parfois. Celui d’un homme.
Devant l’assemblée, tout appartient à Dieu. Devant le notaire, tout change de propriétaire. Les mains se lèvent vers le ciel pour demander, puis les yeux se baissent vers le papier pour recevoir. La collecte se fait au nom du Tout-Puissant ; l’acquisition se fait au nom du pasteur. L’édifice que les fidèles ont sué pour ériger comme maison de prière devient, par la magie d’une signature, le patrimoine d’une seule lignée. Le sanctuaire devient un héritage. La maison de l’Éternel prend peu à peu la forme d’une dynastie.
Quelle audace que de confondre l’autel avec le coffre-fort ! Quelle imposture que de faire pleurer les fidèles pour « l’œuvre de Dieu » quand l’œuvre visée porte finalement le nom d’un homme ! Le peuple donne par amour divin ; le pasteur prend par appétit humain. Lorsque la mort frappe celui qui avait si bien su jouer les intermédiaires du ciel, le fils peut recevoir ce que des centaines de croyants ont payé. Le berger transmet alors moins la foi que les clés du bâtiment.
Escroquer les hommes est déjà un crime ; utiliser la sainteté pour s’approprier ce qu’ils ont offert à Dieu ajoute à la faute une trahison sacrée. Celui qui vend le ciel pour s’acheter la terre finira peut-être par découvrir que la terre qu’il a si habilement saisie s’ouvrira sous ses pas et que le ciel qu’il a trafiqué lui demandera des comptes.
À cette confusion patrimoniale s’ajoute une coutume étrange qui veut que, lorsque le pasteur disparaît, son fils biologique monte presque naturellement à la chaire. Le sang peut transmettre un nom. Il ne transmet pas un appel. L’appel est censé venir d’en haut, pas du testament d’un père. Une assemblée bâtit un sanctuaire pour Dieu et se retrouve parfois devant une œuvre transmise de père en fils comme une auberge de famille. Des croyants versent leur argent pour une mission spirituelle avant de découvrir une organisation dont les règles ressemblent davantage à celles d’une entreprise héréditaire.
Remontons aux sources. Le cas des Lévites appartient à une organisation particulière du sacerdoce de l’Ancien Testament. Le sacerdoce d’Aaron était lié à sa descendance parce que cette fonction faisait partie de l’organisation religieuse d’Israël sous l’ancienne alliance. Quant à David et Salomon, leur continuité relève de la royauté. Salomon succède à son père comme roi d’un royaume terrestre, pas comme pasteur d’une assemblée chrétienne. Le sacerdoce lévitique et la monarchie davidique répondent donc à deux institutions précises d’Israël. L’Église du Christ n’est ni un sacerdoce national transmis par naissance ni une monarchie. Aucun de ces modèles ne peut transformer la chaire pastorale en bien familial.
Moïse avait conduit un peuple entier, pourtant Josué reçut le bâton de commandement. La responsabilité ne revint pas automatiquement à un enfant de Moïse. Dieu choisit un homme préparé pour continuer la mission. Éli avait des fils qui officiaient à ses côtés, pourtant leur naissance dans une famille sacerdotale ne suffisait pas à faire d’eux des hommes agréés par Dieu. Samuel fut appelé alors qu’il n’était pas le fils d’Éli. La proximité du sang avec un serviteur de Dieu ne crée donc aucun droit automatique sur sa fonction.
Paul, bâtisseur d’églises infatigable, confia des responsabilités à Timothée, à Tite et à d’autres serviteurs selon leur foi, leur caractère et leur capacité à conduire. Le Nouveau Testament présente des collaborateurs, des anciens, des évêques et des serviteurs choisis selon des critères spirituels et moraux, pas une succession organisée autour d’un patronyme. L’appel ne se transmet pas dans le berceau. L’appel ne descend pas avec le lait maternel. Dieu appelle où il veut, quand il veut, et ignore superbement les généalogies humaines.
Servir l’Éternel en famille reste possible. Un pasteur peut élever ses enfants dans la crainte du Seigneur, et l’un d’eux peut recevoir un véritable appel. Mais le nom du père ne constitue ni une onction, ni une consécration, ni un droit sur la chaire. Le problème commence lorsque la place revient au fils uniquement parce qu’il est le fils, lorsque le discernement s’efface devant la filiation et que le patronyme devient le premier critère de choix.
Dites cela dans certaines assemblées et vous verrez aussitôt surgir une Bible utilisée comme bouclier du pouvoir. On vous lira le châtiment de Myriam comme on brandit une arme : parlez contre l’homme de Dieu, et la lèpre vous guette. On évoquera peut-être aussi la rébellion de Koré ou cette parole si souvent brandie hors de son contexte : « Ne touchez pas à mes oints. » Le message adressé au fidèle devient alors simple : questionner l’homme de Dieu, c’est risquer de s’en prendre à Dieu lui-même.
Mais la Bible qui raconte le châtiment de Myriam raconte aussi Nathan entrant chez David pour dénoncer son péché. La même Écriture montre des prophètes reprendre des rois, Jean-Baptiste dénoncer Hérode et Paul résister ouvertement à Pierre lorsque sa conduite mérite d’être reprise. Le respect dû à une autorité spirituelle ne transforme donc personne en homme intouchable. Moïse lui-même rendait des comptes à Dieu. Un pasteur peut être honoré sans devenir inaccessible à toute interrogation. Utiliser le sort de Myriam pour faire taire chaque fidèle revient à transformer un récit biblique en police du silence.
La peur spirituelle devient alors une méthode de gouvernement. On vous menacera de vous livrer à Satan, on vous bannira de la communauté, on vous fera passer pour un rebelle, un diviseur ou un esprit de Jézabel. Être chassé pour avoir demandé à qui appartient un bâtiment payé par les fidèles révèle déjà beaucoup sur la nature du pouvoir exercé. Dans de tels lieux, contester le chef finit par ressembler à un crime de lèse-majesté.
Et que deviennent ceux qui ont servi pendant des années aux côtés du fondateur, ces collaborateurs fidèles qui ont porté le fardeau quand le chef prenait le repos ? Leur fidélité pèse soudain moins lourd qu’un patronyme. Ils ont soutenu l’œuvre, enseigné, prié, donné de leur temps et parfois de leur argent. Puis vient le moment du choix. Quelques mots émus seront peut-être prononcés le jour des funérailles, avant que le bureau ne soit occupé par celui que la naissance avait déjà placé au premier rang.

Un pasteur prêchant devant une assemblée chrétienne.
Trop de nos églises fonctionnent sans constitution solide, sans règles verrouillées, sans structure capable de protéger le peuple contre l’arbitraire d’un seul. Rares sont les assemblées où un conseil, un collège ou une communauté possède le pouvoir réel de choisir autrement, de demander des comptes et de rappeler que le pasteur principal demeure un serviteur parmi les serviteurs. Là où aucune autorité ne peut contester le chef, le ministère glisse facilement vers la monarchie.
Certains répondront qu’ils ont sacrifié leur temps, leur argent et leur vie. Soit. Le travail pastoral reste lourd. Porter les problèmes des familles, accompagner les malades, prêcher, enseigner, conseiller, prier, administrer une communauté et rester disponible pendant que beaucoup dorment exige des sacrifices que les fidèles ne voient pas toujours. Personne ne devrait mépriser cette charge. La fidélité et le sacrifice consentis pour le Seigneur ne devraient pas transformer l’œuvre de Dieu en héritage familial.
Dénoncer ne suffit pas. Si le temple doit cesser d’être un héritage, il faut lui donner des fondations qui ne tremblent pas devant un nom de famille. Quelques remèdes praticables sont à portée de main de toute assemblée qui voudra bien cesser de confondre piété et passivité.
D’abord, le pasteur n’est pas le propriétaire de l’église, même s’il en est le fondateur. Instaurer un conseil d’administration élu par l’assemblée, comprenant des chrétiens compétents en droit, en finance et en gestion, permettrait de séparer clairement l’autorité spirituelle de la gouvernance temporelle. Ce conseil devrait rendre régulièrement compte des finances et toute transaction immobilière importante devrait recevoir l’approbation de l’assemblée. Ces mesures ne profanent rien, elles protègent l’œuvre de Dieu des appétits humains.
Jésus et Paul offrent aussi un modèle à suivre. L’argent existait dans l’œuvre, mais aucun des deux n’en fit un patrimoine personnel. Jésus avait une caisse commune distincte de sa personne. Paul, lorsqu’il organisait des collectes, veillait à ce que l’argent soit administré avec des témoins et d’une manière honorable devant Dieu comme devant les hommes.
Aujourd’hui, un pasteur qui consacre son temps, ses forces et parfois toute sa vie au service d’une communauté devrait pouvoir recevoir une rémunération digne. Le travail pastoral mérite d’être reconnu et soutenu. Mais recevoir un salaire pour servir l’Église ne signifie pas devenir propriétaire de ce que l’Église possède. Le salaire rémunère un service. Le patrimoine appartient à l’œuvre. La proximité avec l’argent de l’Église ne donne aucun droit de propriété sur cet argent. Le serviteur peut être rémunéré, administrer et décider dans le cadre de ses responsabilités, sans confondre ce qui lui est versé pour vivre avec ce que le peuple de Dieu a construit pour tous.
Ensuite, le patrimoine doit être mis à l’abri des convoitises successorales. Un bâtiment payé par des fidèles ne doit pas pouvoir être vendu ou transmis par un héritier. Les biens devraient être inscrits au nom de l’église ou de la structure juridique qui la représente, jamais au nom d’une personne physique.
Un autre cas mérite toutefois d’être distingué. Un pasteur peut acheter lui-même un terrain ou un bâtiment avec son propre argent. Dans ce cas, tout dépend de ce qui a été décidé dès le départ. S’il achète le bien pour l’assemblée, le patrimoine devrait finir entre les mains de l’assemblée, que son apport soit considéré comme un don ou qu’un remboursement ait été convenu. S’il achète le bien pour lui-même et le met simplement à la disposition de l’église, les fidèles doivent le savoir clairement avant d’y investir leur argent. Le problème commence lorsque le langage parle de maison de Dieu tandis que les papiers parlent de propriété familiale. Le sacrifice personnel d’un fondateur mérite d’être reconnu. Le sacrifice collectif des fidèles mérite de l’être aussi.
Le presbytère, le véhicule ou tout autre bien mis à la disposition du pasteur devraient également rester clairement identifiés comme biens personnels ou biens de l’œuvre. La confusion commence lorsque personne ne sait plus où finit le patrimoine du serviteur et où commence celui de l’assemblée.
Quant à la succession, il faut en finir avec l’automatisme du sang. L’appel ne s’hérite pas, mais il peut se préparer, se discerner et se confirmer collectivement. Un processus de succession clair, écrit et connu de tous devrait permettre de choisir les futurs responsables selon leur caractère, leur doctrine, leur compétence pastorale et leur capacité à servir. Le fils d’un pasteur peut être candidat, mais sa candidature devrait être examinée comme celle de n’importe quel autre serviteur. Le sang peut donner une familiarité avec le ministère ; il ne donne pas la capacité à l’exercer.
Parallèlement, les fidèles doivent être formés à la gestion, pas seulement à l’offrande. Le croyant qui sait jeûner doit aussi savoir budgétiser, car l’éducation financière est une œuvre de libération. Parler d’épargne, de crédit, d’endettement, d’assurances et de gestion devrait faire partie de la responsabilité pastorale. On ne peut demander à un fidèle de donner pour l’éternité sans l’aider à vivre dans le temps.
Enfin, celui qui ose poser une question légitime sur l’argent, la propriété ou la succession ne doit pas être traité en rebelle ni en ennemi de l’œuvre. Les responsables doivent apprendre à recevoir la critique sans y voir une attaque satanique, et les assemblées doivent protéger ceux qui signalent de bonne foi une irrégularité. La peur du bannissement a trop souvent protégé l’indéfendable ; il est temps que la transparence devienne plus forte que la terreur.
L’obstacle n’est pas technique, il est dans la volonté. Les fidèles ont assez donné. Il est temps que l’Église apprenne à recevoir, à gérer et à transmettre autrement que par le sang. La maison de Dieu n’a pas besoin de dynasties, elle a besoin de serviteurs. Et quand les serviteurs s’en vont, que la maison reste aux enfants de Dieu, non aux héritiers d’un nom.
Le cœur de l’escroquerie se trouve là. Faire croire que l’on travaille pour Dieu quand l’œuvre enrichit d’abord celui qui la dirige. Demander aux croyants de viser une récompense céleste pendant que certains encaissent ici-bas des biens matériels. Les uns donnent pour le royaume des cieux ; d’autres construisent un royaume terrestre. Les trésors incorruptibles remplissent les sermons tandis que les actes de propriété remplissent les dossiers privés. Le ministère devient commerce déguisé en dévotion, l’héritage devient vocation, la dynastie devient destinée. Et le plus amer demeure ceci. Ceux qui ont tout donné se retrouvent sans rien, tandis que ceux qui n’ont rien donné héritent de tout.
L’église a été bâtie pour Dieu. Point. Une lignée ne peut transformer le sacrifice collectif en patrimoine privé. Un patronyme ne peut s’emparer de ce qu’un peuple entier a financé. Quand le temple devient héritage, la foi se transforme en servitude.
Nous devons craindre Dieu, chers pasteurs. Oui, votre travail est difficile. Nous le savons et nous le comprenons. Après des années de sacrifices, l’idée de voir ce que vous avez construit passer entre les mains d’une personne étrangère à votre propre sang peut vous sembler injuste. Le sentiment est humain. Mais justement, l’Église ne vous appartient pas parce que vous l’avez servie. Si Dieu vous a envoyé, respectez Celui qui vous a envoyé. Respectez aussi le peuple qu’il vous a confié. Respectez surtout sa Parole.
Une succession organisée autour du sang simplement parce que le père occupait la chaire ne devient pas biblique parce qu’elle est devenue une habitude. Une pratique répétée pendant cinquante ans reste une pratique humaine si l’Écriture ne l’a jamais établie. Et lorsqu’une coutume humaine finit par prendre la place de la volonté de Dieu, le titre de pasteur ne suffira pas à la sanctifier.
Vous connaissez les textes. Vous les prêchez. Vous demandez aux brebis d’obéir à la Parole. La même Parole vous juge aussi. Si vous connaissez la vérité et choisissez de la cacher parce qu’elle menace un patrimoine, un nom ou une succession préparée d’avance, vos fidèles peuvent l’ignorer, votre conseil peut se taire, votre entourage peut applaudir. Dieu voit.
Un jour, les registres fonciers, les constitutions d’église, les testaments, les noms de famille et les titres ecclésiastiques resteront ici-bas. Vous vous présenterez devant Celui au nom duquel vous avez demandé aux autres de donner. C’est à lui seul que vous rendrez des comptes.
À bon entendeur, salut.
Joël Kamala Mwindo
Auteur et essayiste.
Crédit photo À la Une : Anass Sedrati / Wikimedia Commons | Photo 1 : Karl Beath / ArchDaily. | Photo 2 : Pavel Danilyuk /Pexels.
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