Accueil » Accord de Washington : un an après, seulement 35% des engagements ont été mis en œuvre

Accord de Washington : un an après, seulement 35% des engagements ont été mis en œuvre

by Etienne Kambala
0 comments

Un an après la signature de l’Accord de paix de Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, le bilan reste mitigé. Dans son premier rapport annuel, le Baromètre des Accords de Paix en Afrique (BAPA) estime que seulement 35 % des engagements prévus ont été exécutés, malgré quelques avancées enregistrées depuis juin 2025.

Signé le 27 juin 2025 à Washington par la ministre d’État congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et son homologue rwandais Olivier Nduhungirehe, sous les auspices du secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’accord visait à rétablir la paix dans l’est de la RDC. Il prévoit notamment la neutralisation des groupes armés, le retrait des forces étrangères, le renforcement de la coopération sécuritaire ainsi que la promotion de l’intégration économique régionale. Ce dispositif est complété par le processus de Doha, consacré au dialogue entre Kinshasa et l’AFC/M23.

Dans son évaluation, le BAPA indique que 22 des 30 tâches prévues par l’accord ont connu un niveau d’exécution, qu’il soit initial, minimal, intermédiaire ou complet, pour un score global de 105 points sur 300, soit un taux de mise en œuvre de 35 %. Après un démarrage relativement encourageant durant les premiers mois, la dynamique s’est progressivement essoufflée avant de connaître une légère reprise à partir de mars 2026. La RDC affiche un taux d’exécution de 31,7 % sur les engagements qui lui incombent, contre 30,6 % pour le Rwanda. La communauté internationale, en revanche, enregistre les progrès les plus importants avec un taux d’exécution de 53,5 %.

Le rapport attribue ces résultats limités à plusieurs facteurs, notamment un déficit de confiance persistant entre les parties, une priorité accordée aux volets institutionnel et économique au détriment des engagements sécuritaires, ainsi que le retard pris dans la neutralisation des FDLR. Les affrontements entre les FARDC et l’AFC/M23, soutenu par Kigali selon Kinshasa, ainsi que les difficultés de fonctionnement du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (EJVM+), ont également ralenti l’application de plusieurs dispositions essentielles de l’accord.

banner

Le BAPA souligne enfin que la crise sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC continue de compromettre les efforts de paix. Malgré les initiatives diplomatiques conduites par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine, les divergences persistent entre les parties, tandis que le processus de Doha peine lui aussi à produire des résultats concrets. Selon les experts, l’écart entre les avancées diplomatiques et la réalité sur le terrain demeure important, chaque acteur continuant d’interpréter les engagements selon ses propres intérêts.

Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers

You may also like