Le Canada veut reprendre la main sur l’immigration en provenance du Cameroun. Ottawa estime que l’augmentation rapide des demandes de visas s’accompagne désormais de plusieurs dérives notamment des fraudes documentaires répétées et des candidatures qui ne répondent pas toujours aux besoins du marché de l’emploi canadien.
Le dossier a été évoqué le 29 avril 2026 à Yaoundé au cours d’une réunion entre le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, et la haute-commissaire du Canada, Marie-Claude Harvey. Les deux parties ont discuté d’un nouveau modèle de mobilité visant à rendre les départs plus encadrés et plus utiles économiquement pour le Canada.
Les autorités canadiennes disent observer une hausse des dossiers frauduleux déposés dans les services d’immigration. Marie-Pierre Côté, ministre-conseillère chargée des questions migratoires au haut-commissariat du Canada, explique que les faux documents sont devenus l’un des principaux motifs de refus de visas. Ottawa veut ainsi renforcer les vérifications et travailler plus étroitement avec les autorités camerounaises pour sécuriser les procédures.
Le Canada souhaite également mettre fin à une immigration jugée parfois déconnectée de ses besoins réels en main-d’œuvre. Les discussions entre Yaoundé et Ottawa portent désormais sur la création de formations professionnelles directement au Cameroun afin de préparer des profils qualifiés dans des secteurs ciblés par le marché canadien. L’objectif est de privilégier des candidats immédiatement opérationnels une fois arrivés au Canada.
Cette nouvelle stratégie intervient alors que le Cameroun prend une place de plus en plus importante dans l’immigration francophone vers le Québec. Le pays représente aujourd’hui près de 15 % des admissions de résidents permanents dans la province canadienne. Cette progression pousse Ottawa à revoir ses critères afin de mieux contrôler les flux tout en répondant aux besoins de son économie.
Du côté camerounais, les autorités veulent éviter que cette dynamique accélère la fuite des cerveaux. Le gouvernement affirme vouloir transformer cette coopération en levier de formation pour les jeunes tout en conservant une partie des compétences nécessaires au développement du pays.
Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers
