De Lubumbashi à Kolwezi, en passant par Kasumbalesa, une rumeur persistante sur le supposé « vol d’appareil génital » provoque un climat de psychose. Malgré l’absence totale de preuves médicales, plusieurs personnes accusées à tort ont été violemment agressées par la foule.
Depuis plusieurs jours, une inquiétante rumeur circule dans plusieurs villes du Katanga. Des passants affirment avoir perdu leur appareil génital après avoir été frôlés, salués ou simplement touchés par un inconnu. Ces accusations, souvent lancées dans la panique, déclenchent aussitôt la colère de la foule qui se retourne contre les personnes suspectées.
La peur s’est rapidement propagée dans les rues et les marchés. Dans certains quartiers, des habitants affirment que la seule manière de se protéger contre ce prétendu phénomène mystique consiste à porter des épingles ou des élastiques au poignet de la main, voire aux chevilles. Ces objets sont brandis comme des talismans censés empêcher le « vol » de l’organe génital.
À Lubumbashi, Kolwezi et Kasumbalesa, la rumeur a déjà provoqué plusieurs scènes de justice populaire. Des hommes soupçonnés d’être à l’origine de ces prétendus « vols » sont pris à partie par la foule, battus et parfois grièvement blessés avant même toute vérification des faits.
À Kasumbalesa, la tension a atteint un niveau critique vendredi dernier. Les services de sécurité ont dû intervenir à plusieurs reprises pour soustraire des suspects à la population. « Nous avons récupéré deux personnes, dont un monsieur moribond, tabassé à mort par la foule. Un peu plus loin, au quartier Plateau, trois garçons s’en prenaient également à un homme déjà ensanglanté », témoigne un agent de sécurité.
Malgré les nombreux témoignages, les autorités sanitaires et sécuritaires assurent qu’aucune preuve médicale n’a jamais confirmé ces supposées disparitions. Plusieurs spécialistes évoquent plutôt un phénomène de panique collective alimenté par les rumeurs et certaines croyances mystiques.
Face à la recrudescence des accusations et des violences, les autorités appellent la population au calme et mettent en garde contre les dangers de la justice populaire. Elles invitent les citoyens à privilégier les voies légales et à signaler tout incident aux forces de l’ordre afin d’éviter de nouveaux drames.
