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Québec : la montée de la misogynie et de l’homophobie à l’école inquiète les enseignants

by Etienne Kambala
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Une étude menée pour la Fédération autonome de l’enseignement révélée ce lundi 23 février 2026 note une hausse marquée des propos et gestes misogynes, homophobes et transphobes dans près de 200 écoles publiques du Québec. Les enseignants dénoncent un climat de plus en plus décomplexé qui fragilise élèves et personnel scolaire.

Les actes d’intolérance liés au genre et à la diversité sexuelle gagnent du terrain dans les établissements scolaires québécois. C’est le constat dressé par une recherche qualitative réalisée par le politologue Francis Dupuis-Déri, professeur à l’Université du Québec à Montréal. L’étude, conduite pour le compte de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), s’appuie sur les témoignages de 110 enseignants, élèves et intervenants issus d’environ 200 écoles publiques réparties dans huit régions de la province.

Les situations rapportées vont de propos banalisant l’homosexualité comme une « punition » à des graffitis sexistes, en passant par des insultes visant les filles en raison de leur genre. Des cas plus graves ont également été documentés, notamment saluts nazis, dégradation de drapeaux arc-en-ciel et incendies volontaires de symboles associés à la diversité sexuelle. Selon l’auteur du rapport, ces gestes ne sont ni isolés ni marginaux. La majorité des répondants affirment qu’ils se multiplient depuis quelques années et qu’ils s’expriment sans retenue.

L’étude souligne que les auteurs de ces actes sont presque exclusivement des garçons, indépendamment de leur origine ou de leur religion. Ce constat contredit l’idée selon laquelle une confession particulière serait à l’origine du phénomène. Les témoignages recueillis pointent plutôt l’influence de certains courants masculinistes, de milieux sportifs comme le hockey et, chez certains élèves, une fascination pour des figures politiques controversées telles que Donald Trump.

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Les conséquences sont lourdes. Des enseignants rapportent des cas d’automutilation, d’évitement des toilettes scolaires par crainte de harcèlement et même des abandons vers l’éducation aux adultes. Les professeurs, notamment les femmes et les membres des minorités, subissent eux aussi des attaques verbales répétées, ce qui alourdit leur charge de travail et installe un climat d’insécurité. Le rapport recommande des actions concrètes, comme les activités de sensibilisation, la révision des codes vestimentaires et l’aménagement de toilettes mixtes. Pour les auteurs, l’heure n’est plus au constat, mais à l’intervention structurée et assumée.

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