À peine remis en liberté, Platini Sadisa prend la parole et livre un récit accablant. Le chauffeur affirme avoir été soumis à de lourdes violences par les éléments de la Police Militaire et forcé de reconnaître des faits qu’il rejette dans un dossier impliquant la chanteuse congolaise Rebo. Ses déclarations ravivent une affaire désormais suivie par les autorités judiciaires.
Quelques heures après sa libération, Platini Sadisa s’exprime publiquement à travers une vidéo diffusée ce lundi 20 avril 2026. Il explique avoir été impliqué dans un tournage à Kinshasa en tant que chauffeur pour une agence de location. Selon lui, les faits ont basculé lorsqu’il a été conduit au domicile de l’artiste à Ngaliema. Il rejette toute implication dans un vol et dénonce des menaces. « Je n’ai jamais volé. J’ai été contraint de dire des choses qui ne sont pas vraies », affirme-t-il.
Dans son récit, il décrit une intervention d’hommes en uniforme qu’il identifie comme des éléments de la Police militaire. Il affirme avoir tenté de s’échapper avant d’être rattrapé puis soumis à un interrogatoire. Il indique avoir cru à une démarche de médiation avant de comprendre qu’il s’agissait d’une opération de contrainte. Il soutient que ces agents agissaient sur instruction et qu’ils étaient en contact avec l’entourage de l’artiste.
Le chauffeur évoque ensuite des violences physiques durant la nuit. Il affirme avoir été ligoté et battu dans le but d’obtenir des aveux. « Ils m’ont obligé à enregistrer une vidéo pour dire que j’avais volé. Je l’ai fait sous pression », explique-t-il. Il précise avoir été transféré vers le camp Kokolo où il dit avoir passé plusieurs heures dans des conditions difficiles, sous menace permanente.
Platini Sadisa affirme également que des sommes d’argent lui ont été réclamées. Il évoque une amende ainsi qu’une compensation financière liée à des biens présentés comme disparus. Selon ses propos, le montant exigé a été revu après discussion avec son entourage. Il assure que ces paiements ont été effectués pour mettre fin à sa détention.
Dans la suite de son témoignage, il insiste sur le rôle central des hommes en uniforme dans ce dossier qu’il considère comme privé. Il affirme que ces derniers échangeaient régulièrement avec l’artiste durant les faits et que ses décisions influençaient directement le déroulement de la situation.
Face à la gravité des accusations, le ministère de la Justice a ordonné l’ouverture d’une enquête. L’Auditeur général des FARDC est chargé d’établir les faits et de situer les responsabilités. La famille du chauffeur annonce vouloir engager des poursuites judiciaires.
