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Canada : la pression monte pour interdire les réseaux sociaux avant 16 ans

by Etienne Kambala
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La pression s’intensifie au Canada autour de la régulation des réseaux sociaux chez les mineurs. Des acteurs du numérique, des organisations de défense de l’enfance et une partie de la jeunesse appellent le gouvernement fédéral à fixer à 16 ans l’âge minimal pour accéder aux plateformes en ligne.

Dans le camp des professionnels de la technologie, le constat est direct. Les plateformes comme Instagram, TikTok ou encore YouTube structurent désormais la vie sociale des adolescents. Être absent de ces espaces revient, pour beaucoup, à rester en marge des échanges du quotidien. Pour ces experts, ce sentiment d’exclusion n’est pas accidentel. Il résulte de mécanismes pensés pour capter l’attention dès le plus jeune âge, une stratégie confirmée par des révélations impliquant Meta, déjà pointée du doigt par la justice américaine.

Ce diagnostic est désormais partagé par une partie des jeunes. Certains estiment qu’un accès plus tardif aurait permis de construire des usages plus équilibrés. D’autres reconnaissent l’utilité sociale de ces plateformes, tout en demandant un encadrement plus strict pour limiter les dérives. D’autres encore mettent en garde contre une interdiction totale, jugeant qu’elle pourrait être contournée et qu’elle ne réglerait pas à elle seule les problèmes liés aux usages numériques.

Les organisations de protection de l’enfance renforcent cet appel. Children First Canada réclame une intervention rapide des autorités. Sa direction plaide pour une loi capable de couvrir l’ensemble des risques numériques, qu’il s’agisse des réseaux sociaux, des jeux en ligne ou des agents conversationnels basés sur l’intelligence artificielle comme ChatGPT. Elle souligne l’absence, à ce jour, de mécanismes juridiques efficaces pour prévenir les préjudices subis par les mineurs dans l’environnement numérique.

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Du côté d’Ottawa, le dossier avance. Le gouvernement fédéral étudie sérieusement l’idée d’imposer un seuil d’âge à 16 ans pour l’ouverture de comptes sur les réseaux sociaux et l’utilisation de certains outils numériques. Une relance de la législation sur les préjudices en ligne est également envisagée, après son abandon l’an dernier. Des consultations ont été engagées avec des experts afin de mieux encadrer les pratiques des grandes entreprises technologiques.

Parmi les pistes avancées, l’utilisation de technologies d’estimation d’âge s’impose comme une solution centrale. Ce dispositif permettrait de filtrer l’accès sans recourir à une collecte massive de données personnelles. Son encadrement pourrait être confié au CRTC afin de garantir son indépendance. L’objectif affiché reste constant. Protéger les mineurs face à des plateformes dont les logiques économiques reposent sur la captation précoce de leur attention.

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