Après plusieurs semaines de silence, Thélyson Orélien a pris publiquement la parole mardi 13 octobre 2026. L’écrivain québécois d’origine haïtienne rejette catégoriquement les accusations selon lesquelles son premier roman, « C’était ça ou mourir », aurait été largement écrit à l’aide de l’intelligence artificielle. L’auteur reconnaît avoir plagié certains textes dans le passé et présente ses excuses.
La controverse a éclaté le 21 septembre lorsqu’un compte sur X, « Balance ton Claude », a affirmé que le roman avait été presque entièrement produit par une intelligence artificielle. L’accusation reposait notamment sur une analyse réalisée avec Pangram, un outil de détection de textes générés par IA. À ce jour, aucune conclusion indépendante et définitive n’a toutefois établi les conditions exactes dans lesquelles le livre a été écrit.
Dans sa déclaration du 13 octobre, intitulée « Ce roman que j’ai écrit », Thélyson Orélien ne laisse aucune place au doute sur sa version des faits. « Aucune phrase de ce livre n’a été créée par une machine », affirme-t-il. Il reconnaît avoir utilisé ponctuellement des outils pour effectuer certaines recherches, notamment autour d’idiomes étrangers, mais assure que la construction du récit et son écriture lui appartiennent entièrement.
L’auteur raconte avoir commencé C’était ça ou mourir dès l’automne 2017 à Laval. Un premier manuscrit de plus de 300 pages aurait été achevé en 2019, avant plusieurs années de réécriture. Pour lui, l’histoire de Jonas Dorléon, professeur contraint de fuir Haïti avant un long parcours migratoire vers le Québec, puise aussi dans sa propre expérience de l’exil.
« Ce roman, je l’ai écrit moi-même. Il vient de mes blessures et de celles des autres migrants », insiste l’écrivain de 38 ans, arrivé au Québec après avoir quitté Haïti en 2010.
Sur un autre volet de l’affaire, Thélyson Orélien adopte en revanche une position différente. Des enquêtes publiées au Québec ont mis en évidence des passages plagiés dans d’anciens textes, notamment une nouvelle de 2012 et une chronique de 2013.
Orélien reconnaît désormais ces faits. Il évoque des « erreurs inacceptables » commises lorsqu’il était plus jeune et présente ses excuses. « Admirer n’autorise pas à prendre, à m’attribuer des textes qui ne sont pas les miens », écrit-il. Il refuse toutefois que ces fautes anciennes soient utilisées, selon lui, comme preuve que son roman actuel aurait été généré par une intelligence artificielle.
L’affaire a déjà eu des conséquences sur sa carrière. Les activités promotionnelles entourant le livre ont été suspendues fin septembre par les Éditions du Boréal, qui avaient également fait part de leurs préoccupations concernant les accusations de plagiat.
C’était ça ou mourir a également été retiré de la course au prix Goncourt. Le roman reste cependant présent dans d’autres sélections littéraires, notamment celle du prix Renaudot, et demeure en lice pour le prix Médicis.
Publié au Québec par les Éditions du Boréal puis en France chez Grasset, C’était ça ou mourir s’est imposé comme l’un des succès de la rentrée littéraire. Malgré la controverse, ses ventes ont continué de progresser et ont dépassé les 65 000 exemplaires.
Thélyson Orélien demande désormais que son roman soit jugé pour ce qu’il est. S’il dit accepter les critiques et les enquêtes sur son passé, l’auteur dénonce en revanche les menaces et le harcèlement raciste dont il affirme être victime depuis plusieurs semaines.
Pendant que la polémique se poursuit, C’était ça ou mourir continue son parcours en librairie et dans les prix littéraires. Le roman reste notamment en course pour le Renaudot et le Médicis, deux distinctions qui pourraient encore peser sur la trajectoire d’un livre désormais autant discuté pour son contenu que pour les controverses qui entourent son auteur.
Crédit Photo A La Une : Capture d’écran interview chez Grasset
