Les Éditions du Boréal ont mis fin, mercredi 21 octobre, à leur collaboration avec Thélyson Orélien. Après plusieurs semaines de controverse autour de son roman « C’était ça ou mourir », la maison québécoise affirme disposer désormais d’éléments établissant un recours à l’intelligence artificielle dans le processus de création du livre.
Le Boréal a décidé de ne plus réimprimer le roman et de ne publier aucun autre ouvrage de l’écrivain canado-haïtien. Une rupture motivée notamment par les conclusions d’une expertise externe réalisée sur les différentes versions de travail du livre.
Selon l’éditeur, l’analyse a permis de retrouver des « traces de balises d’IA dans les métadonnées de certains documents ». Le Boréal ne peut toutefois pas déterminer précisément la place occupée par l’intelligence artificielle dans la rédaction du roman. Il reconnaît même qu’une réponse définitive sur l’ampleur de son utilisation pourrait ne jamais être obtenue.
Cette conclusion change la donne pour la maison d’édition. Une semaine plus tôt, elle avait choisi de maintenir « C’était ça ou mourir » en librairie, faute d’éléments permettant d’établir avec certitude l’utilisation de l’IA. L’éditeur avait jusque-là accordé du crédit aux assurances de Thélyson Orélien, qui niait avoir utilisé cette technologie pour créer son roman.
L’affaire avait commencé en septembre lorsque le compte « Balance ton Claude » avait publié sur X les résultats d’analyses effectuées sur plusieurs passages du livre avec un détecteur de contenus générés par intelligence artificielle. Ces résultats avaient alimenté les soupçons, sans pouvoir constituer à eux seuls une preuve définitive.
La polémique avait rapidement dépassé la question de l’IA. Plusieurs anciens textes de Thélyson Orélien avaient également été mis en cause pour plagiat. L’auteur a depuis reconnu avoir commis des « erreurs inacceptables » dans certains écrits antérieurs, tout en continuant à contester l’idée que son roman aurait été rédigé par une intelligence artificielle.
Le 25 septembre, l’Académie Goncourt avait retiré « C’était ça ou mourir » de sa sélection. Elle avait notamment évoqué les cas de plagiat révélés autour de l’auteur ainsi que plusieurs analyses concluant à une probable utilisation importante de l’IA dans le roman.
La controverse frappe un livre qui connaissait jusque-là une trajectoire remarquable. « C’était ça ou mourir », premier roman de Thélyson Orélien, avait notamment remporté le Prix du Roman Fnac 2026 et intégré les sélections de plusieurs grandes récompenses littéraires françaises.
Avec la décision du Boréal, la question n’est donc plus seulement de savoir si l’intelligence artificielle a été utilisée. Pour l’éditeur, ce recours est désormais établi. Ce qui reste inconnu, c’est son poids réel dans la création du roman.
Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers
