Le ministère de la Justice a annoncé, mercredi 21 octobre, l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les propos tenus par Fils Mukoko, cadre de l’UDPS et directeur général adjoint de la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN), dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
Le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a demandé au procureur général près la Cour de cassation d’examiner ces déclarations. Le ministère évoque notamment une intention de distribuer des armes dans des terrains de football, des églises et des universités, ainsi que des menaces visant des ressortissants occidentaux présents en RDC.
Dans la séquence concernée, Fils Mukoko parle ouvertement de la distribution d’armes à la population pour combattre ceux qu’il considère comme des ennemis du pays. Il s’en prend également aux Occidentaux, particulièrement à la Belgique, affirmant notamment que « les Occidentaux qui sont ici auront du mal à sortir de Kinshasa ».
Pour le ministère de la Justice, la gravité de ces déclarations justifie leur examen par les autorités judiciaires. « Toute allégation de cette gravité doit être vérifiée par la justice, dans le strict respect de la loi et des droits de chacun », a déclaré Guillaume Ngefa.
Avant cette annonce, le gouvernement avait déjà pris ses distances avec Fils Mukoko. Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a condamné ses propos, les qualifiant « d’une horreur absolue » et précisant qu’ils « n’engagent nullement le Gouvernement ni aucune autre institution ».
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a également réagi. Réuni en urgence sous la présidence de Christian Bosembe, le régulateur a imposé à Fils Mukoko un embargo médiatique de 88 jours et l’a convoqué pour une audition.
À ces réactions s’ajoute désormais celle de l’UDPS. Dans un communiqué signé par son président intérimaire Augustin Kabuya, le parti présidentiel condamne toute initiative visant à distribuer des armes à la population en dehors du cadre légal.
L’UDPS affirme n’être « ni de près ni de loin associée » aux déclarations et initiatives de Fils Mukoko. Le parti précise également que celui-ci « n’occupe aucune fonction au sein de l’UDPS/Tshisekedi » et qu’aucune décision, autorisation ou instruction n’a été donnée concernant la distribution d’armes ou le sit-in annoncé devant l’ambassade de Belgique.
Le parti rappelle par ailleurs son attachement à la non-violence et demande à ses cadres, militants et sympathisants de faire preuve de retenue et de responsabilité. Il se désolidarise de toute initiative appelant à la violence et décline toute responsabilité dans les conséquences qui pourraient en découler.
Notez que l’affaire survient dans un contexte de tensions entre Kinshasa et Bruxelles. Quelques jours plus tôt, une note de la Présidence datée du 15 octobre avait demandé aux membres du cabinet présidentiel de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, tout contact direct ou indirect avec l’ambassade de Belgique et son personnel.
Crédit Photo À la Une : Dr. Tiers
