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Bombardier dans le viseur de Trump, Christine Fréchette monte au front

by Etienne Kambala
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La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a réagi aux nouvelles menaces de Donald Trump contre Bombardier. Alors que le président américain menace d’empêcher l’avionneur québécois de vendre ses appareils aux États-Unis s’il ne déplace pas sa production sur le sol américain, Québec assure qu’il ne cédera pas à la pression.

Donald Trump s’en est pris à Bombardier lundi 7 septembre sur son réseau Truth Social. Le président américain affirme que l’entreprise ne devrait plus pouvoir vendre ses avions aux États-Unis et estime qu’elle doit produire dans son pays si elle souhaite conserver son accès au marché américain. Il a également critiqué la qualité des produits du constructeur québécois.

Face à cette sortie, Christine Fréchette refuse de s’engager dans une escalade verbale. « Je ne répondrai pas à la provocation par la provocation », a-t-elle déclaré, avant de rappeler l’importance de Bombardier dans l’économie québécoise. « Bombardier est une fierté québécoise, un fleuron de notre économie et un acteur majeur de notre industrie aérospatiale. Derrière cette entreprise, il y a des milliers de travailleurs québécois qui font rayonner notre savoir-faire partout dans le monde. »

La première ministre indique également avoir pris contact avec Éric Martel, président et chef de la direction de Bombardier, afin de lui assurer le soutien de son gouvernement. « Le Québec ne laissera personne dicter où nos entreprises doivent produire pour avoir accès à un marché. Nous allons défendre nos entreprises, nos travailleurs et notre expertise, avec fermeté », a-t-elle insisté.

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De son côté, Bombardier a rappelé que ses activités sont déjà fortement implantées aux États-Unis. L’entreprise emploie environ 3 500 personnes dans le pays et travaille avec près de 2 800 fournisseurs répartis dans 47 États, auprès desquels elle dépense plus de 2,5 milliards de dollars américains par année.

Plusieurs composants de ses appareils sont également fabriqués aux États-Unis, notamment des ailes à Red Oak, au Texas, ainsi que des éléments de commandes de vol dans la région de Los Angeles, en Californie.

L’avionneur prévoit par ailleurs de poursuivre ses investissements américains, notamment dans les secteurs de la défense et des services. Une nouvelle installation doit notamment être inaugurée cette année à Fort Wayne, dans l’Indiana. Cette présence industrielle contraste avec l’exigence formulée par Donald Trump, qui demande à Bombardier de produire aux États-Unis pour continuer à accéder au marché américain.

Cette nouvelle offensive contre Bombardier intervient dans un contexte de fortes tensions commerciales entre Washington et Ottawa. Le Canada a commencé, ce mardi 8 septembre, à appliquer de nouveaux droits de douane de rétorsion visant environ 20 milliards de dollars de produits américains. Les tarifs imposés varient de 15% à 50%, marquant une nouvelle étape dans le bras de fer commercial entre les deux pays.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

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