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Paul Kagame : « Vouloir faire disparaître le M23, c’est vouloir faire disparaître le Rwanda »

by Etienne Kambala
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Le président rwandais Paul Kagame a franchi un nouveau cap dans son discours sur la crise dans l’est de la République démocratique du Congo. Devant les dirigeants du Front patriotique rwandais (FPR), il a publiquement établi un lien direct entre le destin du mouvement AFC/M23 et celui du Rwanda, une déclaration qui pourrait peser davantage sur les relations déjà très tendues entre Kigali et Kinshasa.

Le Rwanda assume désormais ouvertement sa lecture du conflit dans l’est de la RDC. Lors d’une intervention prononcée le vendredi 17 juillet 2026 devant le Bureau politique du Front patriotique rwandais (FPR), le président Paul Kagame a tenu des propos qui marquent une évolution notable de sa communication sur le dossier sécuritaire régional.

Évoquant les appels à neutraliser l’AFC/M23, le chef de l’État rwandais a estimé que ces déclarations dépassaient le seul cadre de la rébellion active dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

« Quand ils disent qu’ils vont faire disparaître le M23, ils veulent dire qu’ils vont faire disparaître le Rwanda », a déclaré Paul Kagame, avant d’assurer que son pays était prêt à faire face à toute menace dirigée contre lui.

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Par cette affirmation, le président rwandais établit publiquement une équivalence entre le M23 et les intérêts sécuritaires du Rwanda. Une position qui renforce la perception selon laquelle Kigali considère le mouvement rebelle comme un enjeu directement lié à sa propre sécurité nationale.

Cette sortie intervient dans un contexte où le gouvernement congolais continue d’accuser le Rwanda d’apporter un soutien militaire et logistique à l’AFC/M23. Des accusations reprises par plusieurs rapports des Nations unies ainsi que par des partenaires occidentaux, notamment les États-Unis, qui ont imposé des sanctions à des officiers de l’armée rwandaise et à plusieurs entités liées au Rwanda. Kigali rejette officiellement ces accusations, tout en affirmant que la menace représentée par les groupes armés opérant dans l’est de la RDC constitue un risque majeur pour sa sécurité.

Au cours de la même intervention, Paul Kagame s’en est également pris aux pressions internationales exercées contre son pays. Il a affirmé qu’il ne modifierait pas sa ligne politique sous l’effet des critiques extérieures, allant jusqu’à déclarer que seule sa mort pourrait le faire taire.

Cette prise de position survient alors que les efforts de médiation menés sous l’impulsion des États-Unis, du Qatar et de plusieurs organisations régionales peinent à déboucher sur une solution durable. Malgré les discussions diplomatiques, les tensions persistent sur le terrain et les positions des différentes parties restent profondément divergentes.

Au-delà de sa portée politique, cette déclaration constitue un signal important. En associant explicitement le sort du M23 à celui du Rwanda, Paul Kagame alimente un débat déjà central dans la crise congolaise. Pour Kinshasa, ces propos pourraient être interprétés comme un aveu politique confortant les accusations de proximité entre Kigali et la rébellion. À l’inverse, le Rwanda les présente comme l’expression de sa doctrine de sécurité face aux menaces qu’il estime provenir de l’est de la RDC.

À un moment où les initiatives de paix restent fragiles, cette déclaration risque de compliquer davantage les relations entre les deux pays et d’alimenter une crise diplomatique qui demeure loin d’être résolue.

Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers

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