Le salaire minimum atteint 16,60 dollars de l’heure dès ce vendredi 30 avril 2026 au Québec. Malgré cette augmentation, les données récentes montrent qu’un emploi à temps plein ne garantit toujours pas une sortie de la pauvreté, surtout dans les grands centres urbains.
L’écart entre les revenus et les besoins réels continue de se creuser. D’après une étude publiée par Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), une personne seule doit gagner entre 33 249 dollars à Trois-Rivières et 44 780 dollars à Sept-Îles pour atteindre un niveau de vie jugé viable en 2026. Ce seuil correspond aux dépenses essentielles nécessaires pour vivre dignement, après impôt.
À Montréal, la situation apparaît plus critique. Le revenu viable s’élève à 41 585 dollars pour une personne seule, en progression de 3,7 pour cent par rapport à 2024. Pour un ménage avec deux enfants, il dépasse désormais les 88 800 dollars. Pour la première fois, ce niveau dépasse même celui observé à Sept-Îles, une région pourtant marquée par des coûts de transport élevés.
Les spécialistes pointent un déséquilibre profond du marché du travail. « Un salaire d’environ 30 dollars de l’heure serait nécessaire pour sortir de la pauvreté à Montréal », affirme Eve-Lyne Couturier dans un entretien avec nos confrères de 24heures. Ce montant correspond pourtant au salaire médian, ce qui signifie qu’une grande partie des travailleurs ne parvient pas à couvrir ses besoins sans appui supplémentaire.
Le logement reste le principal facteur de pression. Les loyers ont augmenté en moyenne de 10,9 pour cent dans les grandes villes étudiées, dépassant largement les hausses recommandées par le Tribunal administratif du logement. Cette tendance, observée depuis plusieurs années, réduit considérablement l’impact des hausses salariales sur le pouvoir d’achat.
Crédit Photo A La Une : La Presse Canadienne
