Les autorités congolaises veulent changer de méthode face à la montée des insultes, des discours de haine et des campagnes coordonnées sur les réseaux sociaux. Réuni le 28 août 2026 en Conseil des ministres, le gouvernement a examiné une série de mesures destinées à mieux protéger l’espace informationnel national.
La démarche a été présentée par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya. Selon le compte rendu du Conseil des ministres, l’objectif est de dépasser les interventions ponctuelles pour mettre en place une réponse permanente, structurée et coordonnée.
Le gouvernement estime que certaines dérives observées sur les plateformes numériques ne relèvent plus seulement d’initiatives individuelles. Il évoque notamment l’existence de réseaux coordonnés, de campagnes commanditées et de mécanismes d’amplification qui permettent à certains contenus de toucher rapidement un large public.
Pour tenter d’y répondre, Patrick Muyaya a proposé la mise en place d’une Task Force interministérielle associant les services spécialisés. Celle-ci devrait assurer la veille sur les contenus numériques, coordonner les actions de l’État et travailler sur les rapports entre la RDC et les grandes plateformes.
Kinshasa veut notamment obtenir davantage de coopération de la part de ces entreprises, mais aussi clarifier leurs obligations en matière de transparence et de représentation légale sur le territoire congolais.
L’exécutif prévoit également d’agir en amont. Une campagne permanente de sensibilisation sur l’utilisation des réseaux sociaux devrait être lancée. Un mécanisme citoyen de signalement des abus est aussi envisagé, tandis que l’éducation aux médias pourrait progressivement faire son entrée dans les programmes scolaires.
Sur le plan législatif, le gouvernement prévoit l’élaboration d’un rapport technique et juridique. Celui-ci devra identifier les ajustements à apporter au cadre actuel, notamment à partir du Code du numérique de 2023.
Le CSAC, le ministère de la Justice, les ministères sectoriels et les différents services spécialisés devraient être associés à cette politique, chacun dans le cadre de ses compétences.
Au cours de la même réunion, le ministre d’État en charge de la Justice a indiqué que des actions étaient déjà engagées contre certaines personnes impliquées dans des campagnes massives d’insultes sur les réseaux sociaux. Des procédures judiciaires pourraient notamment être enclenchées lorsque les faits sont constatés en flagrance.
Au-delà des frontières nationales, le gouvernement affirme également poursuivre des démarches visant à renforcer la coopération internationale autour de la régulation des plateformes numériques. L’objectif affiché est de réduire l’usage des réseaux sociaux comme outils de propagation des discours de haine, des insultes et des campagnes de nuisance.
Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers
