La Coalition avenir Québec veut revoir en profondeur le fonctionnement de l’administration publique. À l’approche des élections du 5 octobre, Christine Fréchette propose notamment de confier davantage de services gouvernementaux au secteur privé et de réduire les effectifs de la fonction publique de plus de 2 900 postes d’ici 2029.
La cheffe de la CAQ estime que l’appareil de l’État québécois s’est alourdi au fil des années. Son parti souhaite désormais revoir certaines structures, réduire les contraintes administratives et déterminer les activités qui doivent absolument rester sous la responsabilité du public.
Dans cette logique, plusieurs services pourraient être confiés à des entreprises privées. La CAQ cite notamment l’impression et la reprographie, l’entretien des bâtiments et des terrains, la gestion des flottes de véhicules, certains centres d’appels ainsi que les services graphiques.
Le privé pourrait également être appelé à concurrencer les sociétés d’État dans certains dossiers. La création de nouvelles traverses ou encore la gestion de nouveaux édifices gouvernementaux figurent parmi les possibilités avancées par le parti.
Cette réorganisation doit également s’accompagner d’une nouvelle réduction des effectifs. Christine Fréchette propose un programme volontaire de retraite anticipée destiné aux fonctionnaires âgés d’au moins 55 ans.
Pour encourager les départs, Québec prendrait en charge auprès de Retraite Québec une partie des conséquences financières liées à une retraite prise plus tôt que prévu. Mais le mécanisme comporterait une condition importante : le poste laissé vacant devrait être définitivement supprimé lorsqu’il est jugé non essentiel.
La CAQ vise ainsi une réduction de plus de 2 900 équivalents temps complet au plus tard le 31 mars 2029. Le parti estime que cette opération pourrait générer plus de 500 millions de dollars d’économies sur une période de cinq ans.
Cette nouvelle cible s’ajouterait aux réductions déjà engagées dans l’appareil gouvernemental. Selon la CAQ, 5 000 équivalents temps complet avaient déjà été retranchés en date du 20 août 2026. Une autre réduction de 3 000 postes est par ailleurs prévue à l’horizon 2030.
Le parti assure cependant que les suppressions seront évaluées au cas par cas afin d’éviter de fragiliser les services à la population ou de faire disparaître des compétences essentielles au fonctionnement de l’État.
Les réseaux de la santé et de l’éducation sont exclus de cette proposition. Les représentants syndicaux ainsi que les associations de cadres devraient être consultés dans la mise en œuvre du programme.
Christine Fréchette prévoit aussi la création d’une équipe spécialisée dans l’efficacité de l’État, directement rattachée au bureau de la première ministre. Elle pourrait recommander la fusion ou la disparition de certaines structures administratives et travailler à la réduction des exigences réglementaires.
La CAQ veut enfin centraliser davantage le suivi des projets numériques gouvernementaux, après plusieurs années marquées par des difficultés dans la réalisation de certains chantiers informatiques.
Avec ces engagements, Christine Fréchette fait de la réduction de l’appareil administratif et du recours accru au privé deux éléments de son programme électoral. Leur mise en œuvre dépendra toutefois du verdict des électeurs québécois le 5 octobre.
Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers
