Les documents récemment rendus publics dans le dossier Jeffrey Epstein (décédé en 2019) lèvent le voile sur un pan méconnu de la vie du financier déchu : son attrait marqué pour Montréal, les Grands Prix de Formule 1 et les femmes québécoises. Une relation trouble qui s’inscrit dans le mode opératoire d’un prédateur aujourd’hui au cœur d’un scandale planétaire.
Les millions de documents issus des « Epstein files » continuent d’alimenter les révélations. Dans ce vaste réseau mêlant politiciens, artistes, sportifs et puissants hommes d’affaires, apparaissent aussi des liens directs avec le Québec. Jeffrey Epstein fréquentait régulièrement Montréal, notamment lors des week-ends du Grand Prix de Formule 1, un événement qu’il associait à la fête, au luxe et aux excès.
Des courriels versés au dossier montrent que le financier voyait la métropole comme un terrain propice à ses dérives. Il y évoquait sans détour l’ambiance du Grand Prix et l’omniprésence du tourisme sexuel. Selon plusieurs témoignages, Epstein profitait de ses séjours pour multiplier les rencontres, avant de repartir à bord de son jet privé vers d’autres capitales.
Dans une interview accordée au journaliste Ian Halperin au début des années 2000, Epstein affirmait ouvertement son attirance pour Montréal et « les magnifiques femmes francophones ». Sa femme de ménage de l’époque, Debra Gale, a par la suite soutenu qu’il faisait venir des Québécoises à New York pour des soirées réunissant invités influents et jeunes femmes, décrivant un climat de débauche extrême.
Amateur déclaré de Leonard Cohen, de Céline Dion et du Canadien de Montréal, Epstein fréquentait aussi les lieux huppés de la métropole, dont le Ritz-Carlton. Un balado d’Urbania a documenté l’un de ses passages remarqués au Grand Prix au début des années 2000, en compagnie de Ghislaine Maxwell et de figures du monde du mannequinat, avec un accès privilégié aux événements les plus sélects.
Selon « Claude Pépé », présenté comme l’un de ses anciens recruteurs, certaines expériences vécues à Montréal auraient marqué durablement Epstein dès sa jeunesse. Dans un ouvrage d’Ian Halperin, il affirme que la métropole aurait joué un rôle déterminant dans la construction de son obsession sexuelle, évoquant des faits graves survenus lors d’un voyage au début des années 1970. Des propos qui, s’ils restent des témoignages, renforcent l’image d’un homme dont les abus se sont inscrits dans la durée et à l’échelle internationale.





