La République démocratique du Congo traverse une nouvelle phase critique de l’épidémie d’Ebola. Apparue il y a seulement quelques mois, la maladie s’est rapidement étendue et affiche désormais un bilan particulièrement lourd, avec plus de 5 000 cas confirmés et plus de 2 320 décès enregistrés au 17 août 2026.
L’ampleur actuelle contraste fortement avec la situation observée au début de la flambée. Le 15 mai, huit cas confirmés étaient recensés dans trois zones de santé de la seule province de l’Ituri. Trois mois plus tard, six provinces sont désormais touchées.
Cette progression place déjà l’épidémie actuelle parmi les épisodes les plus graves connus par la RDC. Elle est devenue la flambée d’Ebola la plus meurtrière enregistrée dans le pays et a également dépassé, en nombre de cas, l’épidémie de 2018-2020.
Africa CDC souligne surtout la vitesse exceptionnelle avec laquelle la maladie progresse. Selon l’agence sanitaire continentale, il s’agit de la flambée d’Ebola à la croissance la plus rapide jamais enregistrée.
La mortalité reste également très élevée. Au rythme actuellement observé, environ une personne perdrait la vie toutes les 30 minutes. Un indicateur qui traduit la gravité de la situation et la pression croissante exercée sur le dispositif de riposte.
La poursuite des contaminations montre que les chaînes de transmission ne sont pas encore totalement maîtrisées. Plus l’épidémie s’étend géographiquement, plus les opérations de surveillance, d’identification des contacts et de prise en charge deviennent complexes.
La situation représente également un défi important pour les équipes sanitaires appelées à intervenir dans plusieurs provinces à la fois. La rapidité de détection des nouveaux cas, leur isolement et le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades restent essentiels pour ralentir la propagation.
Mais malgré les différentes mesures de riposte, le bilan continue de progresser. Africa CDC avertit que la trajectoire actuelle pourrait conduire à une situation encore plus grave si elle n’est pas rapidement inversée.
L’agence estime que la flambée qui frappe actuellement la RDC pourrait, à terme, devenir la plus meurtrière jamais enregistrée dans le monde depuis la découverte du virus Ebola.
La RDC se retrouve ainsi face à une urgence sanitaire dont les dimensions ont profondément changé en quelques semaines. Partie de quelques cas localisés dans une province, l’épidémie touche désormais plusieurs régions, compte des milliers de contaminations et a déjà coûté la vie à plus de 2 300 personnes.
Les prochaines semaines seront décisives. L’enjeu pour les autorités congolaises et leurs partenaires sanitaires sera désormais de parvenir à casser rapidement les chaînes de transmission afin d’éviter que le bilan humain ne continue de s’alourdir.
Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers
