L’épidémie d’Ebola continue de préoccuper en République démocratique du Congo. Alors que l’Organisation mondiale de la Santé estime que la situation reste hors contrôle, le gouvernement congolais assure que les capacités de prise en charge existent et attribue une partie des difficultés aux résistances observées dans les communautés.
Le ministre de la Santé publique, Dr Samuel Roger Kamba Mulamba, s’est exprimé mardi 18 août 2026 au cours du briefing de presse du gouvernement.
Selon lui, le pays dispose actuellement d’environ 1 600 lits pour accueillir les malades d’Ebola. Pourtant, environ 750 patients seulement sont pris en charge. « Nous disposons actuellement d’environ 1 600 lits. Pourtant, si vous consultez notre site web, vous allez voir qu’on a 750 malades dans nos lits. Ça veut dire qu’on a des lits vides. Alors que la maladie existe. Ça veut dire que les gens traînent encore dans la communauté », a-t-il déclaré.
Pour Samuel Roger Kamba, la situation ne s’explique donc pas seulement par les moyens disponibles. Il estime que plusieurs malades continuent de rester dans les communautés au lieu de se rendre rapidement dans les centres de santé.
Le ministre a également dénoncé le refus de certaines personnes de croire à l’existence de la maladie.
Il a notamment évoqué le cas de Butembo, où des jeunes auraient arraché le corps d’une personne décédée avant de circuler avec la dépouille dans la rue. « Ils disent : “Vous nous mentez, ce n’est pas Ebola, vous enlevez des organes.” Mais ce comportement-là fait que tous ces jeunes gens sont contaminés », a-t-il expliqué.
D’après le ministre, certaines structures sanitaires ont également été détruites par des personnes opposées aux équipes de riposte. « Il y a des centres de santé qui sont détruits par des jeunes qui se disent : “Nous, on ne croit pas.” Donc on les sensibilise, mais ils répondent qu’ils ne croient pas. Et malheureusement, ils diffusent la maladie », a-t-il poursuivi.
Samuel Roger Kamba insiste ainsi sur l’importance de l’engagement communautaire pour limiter la propagation du virus.
Mais la gestion de la riposte continue aussi de susciter des critiques. Dans la soirée du mardi 18 août, le député national Gratien Iracan, élu de Bunia, a affirmé que « la riposte contre Ebola est politisée » et que « les scientifiques sont isolés ».
Alors que l’OMS continue d’alerter sur l’évolution de l’épidémie, le gouvernement estime de son côté que les moyens de prise en charge ne manquent pas totalement. Il appelle surtout la population à rejoindre rapidement les structures sanitaires et à collaborer avec les équipes de riposte.
Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers
