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Ebola en RDC : 118 morts suspects et six zones désormais touchées

by Etienne Kambala
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L’épidémie d’Ebola continue de progresser rapidement en RDC. Le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya a annoncé lundi que le bilan des morts suspects est passé de 80 vendredi à 118 ce lundi, sur la base des informations fournies par le ministre de la Santé Roger Kamba actuellement en mission en Ituri. Dans le même temps, de nouveaux foyers de contamination ont été identifiés au Nord-Kivu et en Ituri.

Les autorités sanitaires ont confirmé l’extension de l’épidémie à six zones géographiques. Nyankunde, dans le territoire d’Irumu en Ituri, figure désormais parmi les zones officiellement touchées. Au Nord-Kivu, deux cas ont été confirmés à Katwa dans la ville de Butembo tandis qu’un autre cas a été signalé à Goma. Les zones affectées sont désormais Mongwalu, Rwampara, Bunia et Nyankunde en Ituri ainsi que Butembo-Katwa et Goma au Nord-Kivu. Parmi les nouveaux cas confirmés figure également un médecin américain prélevé à Bunia.

Cette 17e épidémie d’Ebola enregistrée en Rd-Congo depuis 1976 présente plusieurs particularités inquiétantes. Selon le directeur de l’INRB Jean-Jacques Muyembe, le séquençage complet du génome viral réalisé à Kinshasa et à Kampala confirme qu’il s’agit d’une variante Bundibugyo génétiquement différente des flambées de 2007 en Ouganda et de 2012 à Isiro. Le virus proviendrait directement d’un réservoir animal encore inconnu. Le premier infirmier décédé à Rwampara le 24 avril ne serait donc probablement pas le cas index. Quelqu’un d’autre aurait contracté le virus en forêt avant lui.

Les difficultés de détection ont également retardé l’identification de cette flambée. Le système GeneXpert, largement utilisé en Rd-Congo, est conçu principalement pour détecter la souche Ebola Zaïre et non la variante Bundibugyo. Résultat, plusieurs échantillons positifs ont d’abord été déclarés négatifs. À cela se sont ajoutés des problèmes logistiques notamment des échantillons envoyés sans respect strict de la chaîne de froid et des équipes de terrain davantage préparées à rechercher la souche Zaïre. Bundibugyo reste une variante extrêmement rare qui n’a circulé que trois fois dans l’histoire.

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Autre source d’inquiétude, aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé n’existe actuellement contre Ebola Bundibugyo. Jean-Jacques Muyembe estime même que les vaccins utilisés contre Ebola Zaïre ne garantissent probablement aucune protection croisée contre cette nouvelle variante. Pour le moment, les soins restent essentiellement palliatifs même si le molnupiravir est évoqué parmi les pistes thérapeutiques potentielles sous réserve d’une validation de l’OMS. Des essais cliniques pourraient être lancés d’ici fin mai ou début juin.

Face à l’évolution rapide de la situation, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré le 17 mai une urgence de santé publique de portée internationale. Plusieurs organisations internationales dont Africa CDC, l’Union africaine, l’EAC et la Banque mondiale sont mobilisées. Mais sur le terrain, les moyens restent insuffisants selon plusieurs acteurs humanitaires. Médecins Sans Frontières évoque un manque de médicaments, d’équipements de protection et d’épidémiologistes dans les zones touchées tandis qu’Oxfam estime que les réductions de l’aide humanitaire ont considérablement affaibli les capacités de surveillance sanitaire ces dernières années.

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