Élus municipaux, syndicalistes et acteurs économiques lancent un appel pressant au gouvernement Legault pour protéger les travailleurs immigrés déjà installés au Québec, après l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
Le maire de Québec, Bruno Marchand, a mené vendredi 13 février 2026 un point de presse entouré d’une dizaine d’organisations pour dénoncer la politique d’immigration du gouvernement Legault. Il a appelé à l’instauration d’une clause de droits acquis pour les orphelins du PEQ. « Soixante-dix-neuf pour cent de la population estime que les personnes immigrantes déjà en emploi et bien établies devraient pouvoir rester. Nous sommes ici pour leur dire qu’on ne lâchera pas le morceau », a-t-il affirmé, brandissant le symbole du cœur bleu, choisi par les élus municipaux pour représenter cette mobilisation.
Caroline Senneville, présidente de la CSN, a critiqué la manière dont le gouvernement change les règles en cours de route. « On ne change pas les règles du jeu en plein milieu de la partie. Ça, c’est mentir aux gens, manquer à sa parole, manquer de classe », a-t-elle lancé, provoquant une salve d’applaudissements. Le président de l’UMQ, Guillaume Tremblay, a insisté sur l’unité de l’ensemble des municipalités : « Vous voyez que c’est le Québec en entier qui est uni aujourd’hui ».
Les critiques ciblent particulièrement le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), lancé pour remplacer le PEQ. Selon le maire de Québec, ce programme n’a délivré que cinq certificats de sélection en sept mois, soit moins d’un immigrant par région. Frédérik Boisvert, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, dénonce un système destiné à « fermer le robinet de l’immigration », avec des conséquences sur le déclin démographique et le vieillissement de la population. Martin Caron, de l’Union des producteurs agricoles, souligne que l’arrêt des admissions affecte la production alimentaire et menace la sécurité alimentaire du Québec.
Les élus espèrent faire fléchir le gouvernement Legault. Le ministre Jean-François Roberge a demandé à ses fonctionnaires d’analyser des scénarios de transition. Du côté politique, les candidats à la chefferie de la CAQ proposent des mesures partielles : Christine Fréchette veut rouvrir le PEQ pour deux ans, tandis que Bernard Drainville suggère une voie privilégiée vers le PSTQ pour certains travailleurs arrivés avant la fin du PEQ. Les élus municipaux dénoncent toutefois la circulation de chiffres exagérés sur le nombre de personnes concernées, évaluant plutôt la population visée entre 16 000 et 20 000 travailleurs déjà présents sur le territoire.
Guillaume Tremblay invite également le Parti québécois à visiter les régions pour comprendre la réalité des municipalités : « Il va falloir qu’ils se promènent un peu pour comprendre la réalité des régions », a-t-il insisté, dénonçant l’incompréhension des enjeux locaux et l’urgence de protéger ceux qui contribuent déjà à l’économie et à la société québécoises.




