Des jeunes leaders issus de la diaspora congolaise ont été reçus, jeudi 27 août 2026, à la Chambre des communes à Ottawa dans le bureau du député fédéral Bienvenu-Olivier Ntumba. Pendant près de deux heures, les échanges ont porté sur les enjeux canadiens, la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo et les moyens dont dispose la diaspora pour faire entendre sa voix auprès des institutions.

La rencontre, organisée par Daniela Bongongo, jeune congolaise de la diaspora, a réuni plusieurs profils de la communauté congolaise du Canada. Entrepreneurs, professionnels, acteurs communautaires, responsables de médias et créateurs de contenu ont notamment discuté de la place que peut occuper une nouvelle génération de Congolais dans la vie publique canadienne.
Les discussions ont d’abord abordé le contexte économique du Canada et les tensions commerciales avec les États-Unis. Au-delà des conséquences économiques, les participants se sont interrogés sur leur propre capacité d’action dans leurs différents milieux.
Pour les personnes présentes, l’enjeu est aussi de rappeler que la diaspora congolaise ne doit pas être uniquement mobilisée autour des questions concernant la RDC. Installés au Canada, ses membres sont également appelés à prendre part aux débats qui traversent leur pays de résidence et à contribuer, à leur niveau, à la vie économique, sociale et politique canadienne.

La situation dans l’Est de la RDC a néanmoins occupé une place importante dans les discussions. Face à la persistance de la crise sécuritaire et humanitaire, plusieurs participants ont cherché à mieux comprendre la position du Canada et les moyens permettant d’amener davantage les préoccupations congolaises dans le débat politique canadien.
Les atrocités commises dans l’Est du pays et les attentes envers Ottawa ont également été évoquées. Une préoccupation est revenue à plusieurs reprises : comment transformer les inquiétudes exprimées au sein de la diaspora en initiatives capables d’atteindre concrètement les responsables politiques ?
Bienvenu-Olivier Ntumba a notamment rappelé que le système démocratique canadien offre plusieurs moyens d’action aux citoyens. Les pétitions, le lobbying, la mobilisation citoyenne, l’interpellation des élus ou encore l’organisation de mouvements collectifs figurent parmi les leviers évoqués.
Le député a toutefois insisté sur la nécessité de structurer ces démarches, de respecter le cadre légal canadien et d’éviter des mobilisations sans objectifs précis. L’idée défendue au cours des échanges est qu’une communauté ne peut pas uniquement attendre des prises de position politiques. Elle doit également s’organiser, sensibiliser l’opinion et maîtriser les mécanismes institutionnels disponibles.

La question de la double appartenance a aussi marqué la rencontre. Pour ces jeunes d’origine congolaise vivant au Canada, contribuer à la société canadienne n’empêche pas de continuer à défendre ou à faire connaître les réalités de la RDC.
Cette position peut même devenir un atout. Une diaspora présente dans les médias, les entreprises, les organismes communautaires et différentes professions peut participer pleinement au développement du Canada tout en servant de relais sur les enjeux congolais.
L’unité de la communauté a également été présentée comme une condition importante pour accroître son influence. Sans priorités communes ni revendications clairement formulées, il devient plus difficile de porter une cause auprès des institutions et d’obtenir une attention durable des décideurs.
Bienvenu-Olivier Ntumba a par ailleurs rappelé les limites de sa fonction. Son mandat consiste avant tout à représenter les citoyens de sa circonscription. Issu lui-même de la diaspora congolaise, il s’est néanmoins montré disposé à accompagner, dans le cadre de ses fonctions, certaines initiatives portées par la communauté.
Une manière également de rappeler que les attentes de toute une diaspora ne peuvent pas reposer sur un seul élu, même lorsque celui-ci partage ses origines.
Toutes les préoccupations n’ont cependant pas été abordées lors de cette rencontre. Les mesures canadiennes liées à la situation sanitaire en RDC et leurs conséquences pour certains voyageurs, notamment, n’ont pas fait partie des discussions.

D’autres interrogations subsistent également sur la place accordée à la RDC dans la politique étrangère canadienne et sur la manière dont Ottawa répond aux différentes crises internationales.
La rencontre du 27 août aura néanmoins permis d’ouvrir un espace de dialogue entre de jeunes membres de la diaspora et un représentant du Parlement canadien. Elle leur aura surtout permis de mieux comprendre certains mécanismes démocratiques et les possibilités d’action qui existent au Canada.
Pour la jeunesse congolaise du Canada, l’enjeu est désormais de dépasser le simple constat. Faire entendre sa voix suppose de s’informer, de s’organiser, de participer à la vie publique et de porter des revendications suffisamment structurées pour atteindre les lieux de décision.
Après le dialogue d’Ottawa, reste donc une étape déterminante, celle de transformer les discussions en actions concrètes.
