Au lendemain du concert anniversaire de Koffi Olomide au stade Roi Baudouin de Bruxelles, une question domine les débats : le Grand Mopao a-t-il réussi son pari ? Les images des tribunes partiellement garnies ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux, reléguant presque au second plan le spectacle proposé pour célébrer les 70 ans de l’une des plus grandes figures de la musique africaine.
Pour une partie des internautes, le constat est sans appel. Un stade qui ne fait pas le plein est forcément un échec. Les comparaisons avec d’autres concerts se sont multipliées, chacun y allant de son analyse ou de ses moqueries. Certains ont même estimé que Koffi Olomide aurait dû privilégier une salle plus petite, à l’image de l’ING Arena, afin d’afficher complet et d’éviter les critiques.
Pourtant, cette lecture mérite d’être nuancée. Contrairement à une tournée ou à un concert classique, l’événement du 12 juillet avait avant tout une dimension symbolique. Il ne s’agissait pas seulement de vendre des billets, mais de célébrer 70 ans de vie et plus de quarante ans de carrière. Le choix d’un stade répondait davantage à cette volonté de marquer l’histoire qu’à une logique strictement commerciale.
L’organisation elle-même illustre cette ambition. Selon plusieurs informations, plus d’un million de dollars auraient été investis dans la production du spectacle. Une telle enveloppe témoigne de la volonté de Koffi Olomide de proposer un rendez-vous exceptionnel, avec une scénographie et une mise en scène dignes de cet anniversaire. Reste que, au regard de l’affluence observée, il est difficile d’imaginer que l’équilibre financier ait été atteint.
La virulence des réactions s’explique également par les prises de position de l’artiste ces derniers mois. Koffi Olomide avait publiquement relativisé certains exploits de ses collègues, notamment le double Stade de France de Fally Ipupa. Ces déclarations avaient nourri une vive polémique. Dès lors, beaucoup attendaient son propre rendez-vous avec une certaine impatience.
Après le concert, les Warriors, les supporters de Fally Ipupa, ont rapidement pris possession des réseaux sociaux. Les images des gradins clairsemés ont été abondamment partagées, souvent accompagnées de commentaires ironiques. Pour eux, ce concert représentait une occasion de répondre aux déclarations passées du Grand Mopao.
Mais réduire cette soirée à une guerre entre fanbases serait oublier l’essentiel. À 70 ans, Koffi Olomide reste l’un des rares artistes africains capables d’organiser un concert dans une enceinte de cette envergure en Europe. Peu importe le nombre exact de spectateurs, l’événement restera un jalon important de sa carrière et un nouveau chapitre dans l’histoire de la rumba congolaise.
Au fond, le débat dépasse le cas de Koffi Olomide. Il pose une question plus large : la réussite d’un concert se mesure-t-elle uniquement au nombre de billets vendus ou aussi à sa portée artistique et symbolique ? Chacun apportera sa réponse. Une chose est certaine : plus de vingt-quatre heures après le spectacle, le concert du Grand Mopao continue d’alimenter les discussions, preuve qu’il n’a laissé personne indifférent.
Photo A LA une : Dr. Tiers
