Le climat politique prend une nouvelle tournure en RDC autour du débat sur la révision constitutionnelle. L’opposition a annoncé ce mercredi 27 mai 2026 l’organisation d’une journée « ville morte » prévue le 3 juin à Kinshasa pour protester contre les initiatives portées par le camp présidentiel autour d’un éventuel référendum constitutionnel.
À travers cette mobilisation, les opposants veulent afficher leur rejet total de toute modification de la Constitution actuelle. Ils accusent directement le président Félix Tshisekedi de vouloir fragiliser les équilibres institutionnels afin d’ouvrir la voie à un maintien au pouvoir au-delà des limites prévues par la loi fondamentale. Dans leurs déclarations, plusieurs figures de l’opposition évoquent une menace grave contre la stabilité nationale alors que l’Est du pays reste confronté à l’insécurité et à l’occupation de certaines localités par l’AFC/M23.
Cette nouvelle offensive politique intervient quelques jours après les tensions observées à l’Assemblée nationale lors de l’examen de la proposition de loi déposée par le député Paul Gaspard Ngondankoy sur l’organisation du référendum. Les députés du groupe « Ensemble », unique bloc parlementaire de l’opposition à la chambre basse, avaient quitté les travaux pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une tentative déguisée de modifier l’ordre constitutionnel actuel.
Malgré cette contestation, la majorité parlementaire poursuit le processus. Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, avait d’ailleurs affirmé que l’absence de l’opposition ne pouvait empêcher la poursuite des débats. Pour les adversaires du pouvoir, ce projet de référendum cacherait une stratégie politique visant à préparer un troisième mandat présidentiel, une hypothèse rejetée par la Constitution de 2006. L’opposition estime également qu’un tel débat ne devrait pas être engagé alors que le pays reste sous état de siège dans sa partie orientale.
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