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Washington menace le Canada de représailles à l’approche des élections américaines

by Etienne Kambala
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Les tensions entre Washington et Ottawa ne se limitent plus aux droits de douane et aux négociations commerciales. À quelques semaines des élections américaines de mi-mandat du 3 novembre 2026, Peter Navarro, conseiller de Donald Trump pour le commerce et l’industrie, a directement mis en garde le Canada contre toute tentative d’influencer le scrutin.

Lors d’un événement économique organisé mardi 29 septembre à Washington, Peter Navarro a particulièrement ciblé les activités de lobbying canadiennes aux États-Unis. Selon lui, Ottawa et ses représentants auraient déjà réussi par le passé à peser sur certaines décisions américaines. « Note au Canada : vous ne pouvez pas faire ça. D’accord ? Le jeu est fini. Et si vous vous ingérez dans nos élections au Maine ou au Michigan, vous le paierez encore plus cher », a-t-il déclaré.

Le responsable américain n’a toutefois pas détaillé les actes précis qui constitueraient, selon lui, une « ingérence » canadienne dans les élections. Il a notamment cité le Maine et le Michigan, deux États directement concernés par les conséquences économiques du conflit commercial entre les deux pays et où plusieurs scrutins importants doivent avoir lieu en novembre.

Peter Navarro s’est également attaqué aux Canadiens présents sur K Street, secteur de Washington connu pour accueillir de nombreux cabinets spécialisés dans le lobbying et les relations gouvernementales. « Y a-t-il des Canadiens ici ? Sérieusement, si vous êtes sur K Street, foutez le camp de ce pays », a-t-il lancé.

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Cette sortie intervient alors que le différend commercial entre les deux voisins connaît une nouvelle escalade. Les États-Unis ont notamment fait entrer en vigueur, le 29 septembre, de nouvelles restrictions sur près d’un milliard de dollars de produits canadiens, touchant entre autres certains produits laitiers et les motos. Le Canada avait déjà répondu aux précédentes mesures américaines par des tarifs visant 20 milliards de dollars de marchandises en provenance des États-Unis.

Les négociations commerciales entre les deux gouvernements sont actuellement dans l’impasse. Washington ne montre pas d’urgence à conclure un nouvel accord avec Ottawa, tandis que le gouvernement canadien affirme rester disposé à négocier tout en défendant ses intérêts économiques.

Le premier ministre canadien Mark Carney a justement assuré mardi qu’il ne prévoyait pas d’intensifier la pression commerciale sur les États-Unis à l’approche des élections de novembre. Il affirme que les décisions prises par son gouvernement répondent aux intérêts du Canada et non au calendrier électoral américain.

Peter Navarro avait déjà multiplié les critiques contre Ottawa ces derniers jours. Revenant sur les négociations de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique durant le premier mandat de Donald Trump, il avait accusé les négociateurs canadiens d’avoir adopté une attitude particulièrement offensive envers Washington. « Ils nous ont escroqués sur tout ce qu’ils pouvaient : le bois d’œuvre, l’aluminium, l’acier et les produits laitiers », avait-il notamment déclaré.

À un mois du scrutin américain, le conflit entre les deux partenaires historiques change donc progressivement de dimension. Aux désaccords sur les tarifs douaniers, l’acier, l’automobile ou encore les produits agricoles s’ajoute désormais une question politiquement plus sensible, celle de l’influence étrangère dans le processus électoral américain.

Crédit Photo A La Une : Steve & Barb Sande

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