La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a relancé le débat sur le profilage racial au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en partageant une expérience vécue dans sa propre famille, plus particulièrement par son conjoint.
Au micro de l’émission Tout un matin sur ICI Première, elle a révélé que son conjoint, Pascal Delinois, avait été interpellé à de nombreuses reprises par des policiers depuis le début de l’année. Selon elle, celui-ci aurait été arrêté « facilement cinq ou six fois » en 2026 alors qu’il circulait au volant de sa voiture. Des interventions dont elle ne comprend toujours pas les motifs. « Juste pour vérifier. Vérifier quoi? On le sait pas », a-t-elle lancé, dénonçant une situation qu’elle estime fréquente au sein de la communauté noire.
Pour Soraya Martinez Ferrada, il est désormais nécessaire d’aborder ouvertement la question du racisme systémique et du profilage racial. « On se doit de nommer le problème, de pas avoir peur de parler de racisme systémique, de pas avoir peur de parler de profilage. Il faut commencer par dire les choses telles qu’elles sont », a-t-elle déclaré. L’élue s’est également dite favorable à un moratoire sur les interpellations policières aléatoires.
Ces déclarations surviennent alors qu’une enquête secoue actuellement le SPVM. Seize policiers du poste de quartier 39 de Montréal-Nord sont visés par des allégations de gestes racistes et haineux. Deux agents ont été suspendus et pourraient faire face à des accusations criminelles, tandis que quatorze autres ont été réaffectés. Plusieurs organismes de défense des droits réclament désormais une commission d’enquête publique sur le racisme policier à Montréal.
Dans ce contexte déjà sensible, Montréal a également été frappée cette semaine par une fusillade meurtrière. Lundi, la première ministre du Québec, Christine Fréchette, et la mairesse de Montréal ont tenu un point de presse conjoint afin de rassurer la population.
« Je tiens surtout à rassurer la population. Toutes les mesures nécessaires sont prises et vont l’être afin d’assurer la sécurité des citoyens et la sécurité des lieux concernés par le drame d’aujourd’hui », a déclaré la première ministre, se disant « profondément choquée » par les événements. Elle a également annoncé que les drapeaux du Québec et de la Ville de Montréal seraient mis en berne en hommage aux victimes.
Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers
