Leader communautaire, militante et entrepreneure sociale, Joëlle Kabisoso est devenue en ce mois de janvier 2026 la première femme d’origine congolaise à recevoir à la fois le Prix du Gouverneur général pour la commémoration de l’affaire « Personne » et l’Ordre de Hamilton. Deux distinctions majeures qui consacrent un engagement ancré dans la justice, la guérison et le changement systémique.
D’origine congolaise et établie au Canada, Joëlle Kabisoso inscrit son nom dans l’histoire en intégrant un cercle encore très restreint de leaders honorés pour leur contribution civique et sociale. Ces reconnaissances, parmi les plus élevées aux niveaux national et municipal, dépassent son parcours individuel. Elles mettent en lumière la nécessité de rendre visibles des leaders congolais dans des secteurs clés tels que les politiques publiques, la gouvernance, le service civique et le travail communautaire.

Son engagement prend racine dans une expérience personnelle marquante. À 17 ans, Joëlle Kabisoso survit à une agression traumatique à caractère raciste. Cette épreuve révèle, selon elle, les défaillances des systèmes de protection face aux violences subies par les filles et les jeunes femmes noires. Refusant de se laisser définir par la douleur, elle transforme cette expérience en moteur d’un leadership centré sur la guérison, la défense des survivantes et la justice sociale.
Fondatrice et directrice générale de Sisters in Sync, Joëlle Kabisoso dirige un organisme communautaire devenu une plateforme multisectorielle dédiée à l’autonomisation des filles et des femmes noires. Son action se situe à la croisée de la programmation communautaire, de la recherche et de l’action politique, avec un accent particulier sur la lutte contre les violences fondées sur le genre, les crimes haineux et les barrières à la participation civique. Son objectif est clair. Elle veut intégrer durablement la sécurité, l’équité et le soutien au cœur des systèmes.

Au-delà de la reconnaissance personnelle, son parcours porte un message fort pour la jeunesse congolaise au Canada et dans la diaspora. Longtemps cantonnée à quelques domaines visibles, la représentation congolaise s’élargit désormais à des espaces de décision et d’influence. « Je n’aurais jamais pensé que, malgré les tabous entourant la violence sexuelle et la prise de parole publique dans notre communauté, ce chemin deviendrait le mien », confie-t-elle.
Pour Joëlle Kabisoso, être la première n’est pas une finalité, mais une porte ouverte afin que d’autres n’aient plus à l’être.





