À moins d’une semaine de son départ pour Paris, le ministre québécois de la Culture, Mathieu Lacombe, ne sait toujours pas si Ottawa agira en allié ou en adversaire dans sa volonté de renforcer l’arsenal juridique international face aux géants du numérique. Le ministre participera, du 17 au 20 février 2026, à la 19e session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, au siège de l’UNESCO.
La rencontre doit trancher sur l’application des principes de la Convention de 2005 à l’univers numérique. En clair, plusieurs États souhaitent adopter un instrument juridique international contraignant visant des plateformes comme Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Québec milite activement pour ce virage. En juin 2025, la province figurait parmi les huit membres favorables à un « protocole contraignant », alors qu’une vingtaine d’autres, dont le Canada, privilégiaient la poursuite des discussions.
« À un moment donné, on doit avancer. Et là, ce sera l’occasion d’avancer », affirme Mathieu Lacombe. Neuf mois après le dernier vote, il espère un appui d’Ottawa. Pour l’instant, la position fédérale demeure floue. Le ministre évoque des relations « plutôt imprévisibles » avec le gouvernement central, marquées par l’instabilité au portefeuille de la Culture, où trois ministres se sont succédé en un an.
Mathieu Lacombe estime toutefois que le contexte international a évolué. En juin 2025, plusieurs pays hésitaient à soutenir un protocole par crainte de déplaire aux États-Unis, historiquement opposés à ce type d’outil. Depuis, Washington s’est retiré de l’UNESCO. « On a probablement moins de réticences », avance le ministre, qui mise sur un appui élargi cette année, puis lors du vote officiel attendu l’an prochain.





