Le Canada ne deviendra pas, pour l’instant, le premier « membre associé » de l’Union européenne. À la veille du sommet Canada-UE à Montréal, Bruxelles a écarté cette formule qui divisait plusieurs pays membres. Ottawa et les Européens veulent toutefois poursuivre leur rapprochement sur les plans économique, politique et sécuritaire.
L’idée avait été avancée en septembre par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Elle souhaitait ouvrir au Canada une forme de participation renforcée aux mécanismes européens, sans passer par une adhésion classique à l’Union. Mais le projet a rapidement rencontré plusieurs obstacles.
Le principal problème tient à l’absence de base juridique claire. Le statut de « membre associé » n’existe pas dans les traités européens. Sa création aurait donc nécessité de définir précisément les droits, les obligations et le niveau de participation d’un pays extérieur à l’UE.
Plusieurs États membres se sont également montrés réservés. L’Allemagne faisait partie des pays opposés à cette appellation. Berlin avait déjà défendu une formule similaire pour l’Ukraine, avec l’idée de lui permettre de participer à certaines rencontres européennes sans devenir immédiatement membre à part entière.
Du côté canadien, le gouvernement n’avait pas non plus fait de cette dénomination une priorité. Mark Carney avait préféré parler d’une « alliance pour l’avenir », estimant que le contenu de la coopération comptait davantage que le nom donné à la relation. Cette approche devrait désormais guider le sommet de Montréal.
Le Canada et l’Union européenne veulent approfondir leur coopération dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment la défense, le commerce, les minéraux critiques, l’innovation, le numérique et la sécurité économique.
Le contexte international accélère ce rapprochement. Ottawa cherche à diversifier ses partenariats alors que ses relations commerciales avec les États-Unis restent tendues. L’Union européenne, de son côté, tente de renforcer ses liens avec des partenaires jugés stables dans un environnement marqué par plusieurs conflits et une compétition économique plus forte.
Les relations entre Ottawa et Bruxelles ont déjà gagné en importance au cours des dernières années. L’Union européenne reste l’un des principaux partenaires commerciaux du Canada, tandis que les deux parties ont également renforcé leur coopération dans le domaine de la défense. Le sommet prévu à Montréal doit donc servir à préciser cette nouvelle relation.
Le projet de « membre associé » disparaît, mais l’objectif politique demeure, celui d’installer entre le Canada et l’Union européenne une coopération plus étroite que celle prévue dans leurs accords actuels, sans aller jusqu’à une adhésion du Canada au bloc européen.
Crédit Photo A La Une : Brian Zhu
