Le gardien congolais Lionel Mpasi se retrouve au centre d’un débat autour de la qualification de la RDC à la Coupe du monde 2026, après les révélations publiées mardi 6 octobre par Le Monde et le New York Times.
Les deux médias évoquent une procédure de changement d’association qui n’aurait jamais été totalement finalisée pour le portier congolais. Des révélations sérieuses, mais entourées de nombreuses zones d’ombre.
Le gardien Lionel Mpasi avait représenté la France dans les catégories de jeunes avant de rejoindre les Léopards. Son changement d’association devait donc être validé par la FIFA. Selon les éléments publiés, la Fédération congolaise de football (FECOFA ) avait engagé les démarches dès 2021.
Le gardien a ensuite disputé plusieurs rencontres avec la RDC, dont des matchs officiels (la première date de 2023 face au Gabon), sans qu’aucune anomalie ne soit publiquement signalée pendant plusieurs années. C’est ce qui rend le dossier difficile à comprendre.
Si la procédure était effectivement incomplète, comment Mpasi a-t-il pu évoluer aussi longtemps avec la sélection congolaise sans que la FIFA ne bloque son éligibilité ?
L’affaire aurait pris une nouvelle tournure après les contestations du Nigeria, éliminé par la RDC lors des barrages africains. Selon Le Monde, un premier examen effectué fin 2025 n’aurait relevé aucune infraction. Ce n’est qu’en mars 2026 que de nouvelles vérifications auraient permis de constater que le changement d’association de Mpasi n’avait jamais été définitivement validé.
Cette chronologie soulève des questions sur le suivi administratif du dossier. La FECOFA devra expliquer pourquoi une procédure engagée plusieurs années auparavant serait restée inachevée. La FIFA devra, elle aussi, préciser comment une telle situation aurait pu échapper à ses contrôles aussi longtemps.
Les soupçons de favoritisme reposent notamment sur les relations entre Gianni Infantino et Véron Mosengo-Omba. Mais cette proximité ne suffit pas, à elle seule, à démontrer que la RDC a bénéficié d’une protection particulière.
Pour parler de favoritisme, il faudrait établir qu’une intervention a volontairement empêché une sanction contre les Léopards. À ce stade, les éléments rendus publics montrent surtout une gestion administrative difficile à expliquer.
L’affaire Mpasi pose donc une véritable question réglementaire. Elle place également la FIFA face à ses propres responsabilités dans le traitement d’un dossier qu’elle aurait eu entre les mains depuis plusieurs années.
La RDC a obtenu sa qualification sur le terrain. Reste désormais à comprendre pourquoi une éventuelle irrégularité administrative n’aurait été découverte que plusieurs années plus tard.
À suivre…
Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers
