Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) n’existe plus juridiquement comme formation politique en République démocratique du Congo. Le Conseil d’État a prononcé sa dissolution, ce vendredi 30 octobre 2026 à Kinshasa, au terme d’une audience publique.
Cette décision frappe un parti qui a longtemps occupé le premier plan de la vie politique congolaise. Le PPRD a porté Joseph Kabila durant ses années au pouvoir avant de rejoindre l’opposition après l’alternance de 2019.
Ces dernières semaines, son avenir était devenu de plus en plus incertain. Le gouvernement avait déjà interdit ses activités sur l’ensemble du territoire. Le 16 octobre, les gouverneurs avaient reçu instruction de faire appliquer cette mesure, qui concernait également douze autres formations politiques.
Cette séquence est liée au nouveau positionnement de Joseph Kabila. Le 12 octobre, l’ancien président a pris la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), mouvement politico-militaire créé à Goma et présenté comme le successeur de l’AFC/M23. Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa en occupent notamment les fonctions de vice-présidents.
Ce choix a également provoqué une rupture à l’intérieur de son ancienne famille politique. Plusieurs cadres et anciens proches de Joseph Kabila ont annoncé leur départ ou leur désolidarisation, affirmant leur opposition au recours aux armes et leur attachement aux voies constitutionnelles.
La décision du Conseil d’État change désormais la nature du dossier. Le PPRD n’est plus seulement empêché de mener ses activités : sa dissolution met fin à son existence juridique.
Pour cette formation qui a dirigé la RDC pendant des années, le contraste est important. Ancien parti présidentiel et longtemps force dominante au Parlement et dans les institutions, le PPRD quitte désormais officiellement la scène politique sous sa forme historique.
Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers
