À Moscou, Félix Tshisekedi a choisi de placer la Russie devant ses responsabilités. Dans son discours prononcé ce jeudi 29 octobre 2026 au Sommet Russie-Afrique, le président congolais a rappelé que Moscou avait voté, comme les autres membres du Conseil de sécurité, les résolutions exigeant notamment le retrait du M23 des zones occupées et la fin du soutien rwandais au mouvement rebelle.
Pour Kinshasa, ce vote doit désormais se traduire par un engagement diplomatique plus visible. « Ces résolutions ont été adoptées à l’unanimité. Elles portent donc aussi la voix de la Fédération de Russie », a déclaré Félix Tshisekedi, avant d’appeler Moscou à « soutenir pleinement leur application et les efforts de médiation ».
Le président congolais faisait référence aux résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité. La résolution 2773, adoptée en février 2025, demande notamment au M23 de mettre fin aux hostilités et de se retirer des territoires occupés. Elle exige également du Rwanda qu’il cesse son soutien au mouvement rebelle et retire ses forces du territoire congolais.
Félix Tshisekedi a également rappelé les engagements pris concernant la neutralisation des FDLR. Selon lui, la RDC assume les obligations qui lui reviennent, mais attend la même exigence envers toutes les parties impliquées dans le conflit.
Cette prise de position traduit la volonté de Kinshasa de maintenir la question de l’Est congolais au centre de ses relations avec les grandes puissances. En s’adressant directement à la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, Félix Tshisekedi cherche à obtenir un soutien politique concret au-delà des votes enregistrés à New York.
Le chef de l’État a aussi insisté sur les conséquences humanitaires du conflit. Il a cité la protection des civils, l’accès humanitaire ainsi que le retour volontaire et sécurisé des déplacés et des réfugiés parmi les priorités qui doivent accompagner les efforts de paix.
Son discours ne s’est cependant pas limité à la sécurité. Félix Tshisekedi a également défendu une politique étrangère ouverte à plusieurs partenaires. Pour lui, la RDC ne veut pas remplacer une dépendance par une autre. « Diversifier nos partenariats, ce n’est pas choisir un camp, c’est renforcer notre liberté de décision au service de nos populations », a-t-il affirmé.
À travers cette position, Kinshasa cherche à renforcer ses relations avec Moscou tout en maintenant ses partenariats avec d’autres puissances. Félix Tshisekedi plaide pour un ordre international multipolaire dans lequel chaque État conserve sa souveraineté et son autonomie de décision.
Pour le président congolais, cette approche doit toutefois rester liée au respect de la Charte des Nations Unies, de l’intégrité territoriale des États et au règlement pacifique des différends.
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