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Québec : Affine Lwalalika, une Canadienne d’origine congolaise élue dans Vachon | Tribune

by Joel Kamala
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Affine Lwalalika est une Canadienne issue de l’immigration qui a été élue par des Québécois et des Québécoises. Elle a su s’impliquer dans la société québécoise au fil des années. Son élection et celle de Gisèle Pouhe Njall, d’origine camerounaise, suscitent toutefois des contestations de nature différente. Le Parti québécois conteste le résultat électoral d’Affine et demande un dépouillement judiciaire. Un commentateur se réclamant du conservatisme économique et du péquisme identitaire conteste le nombre d’années que Gisèle a passées au Québec avant de devenir députée.

Affine Lwalalika est née en République démocratique du Congo. Elle est arrivée au Canada en 2001 et habite à Saint-Hubert depuis 2010. Elle vient de remporter l’élection dans Vachon à titre de candidate du Parti libéral du Québec. Cette victoire prolonge toutes ces années d’implication dans les institutions québécoises et auprès des citoyens.

Elle détient un diplôme en droit de l’Université de Montréal. Elle a œuvré dans le domaine financier, puis dans différents cabinets politiques et administrations municipales. Elle a travaillé auprès de la ministre de la Justice, ainsi que des maires de Longueuil et de Brossard.

Les citoyens de Longueuil ont élu Affine Lwalalika conseillère municipale en 2021 et l’ont réélue en 2025. Elle a fait partie du comité exécutif pendant quatre ans, avec différents mandats, dont la culture, la famille, l’immigration et la condition féminine. Elle s’est aussi impliquée auprès de la Communauté congolaise de Montréal et du mouvement Sécurité Ferroviaire Rive-Sud.

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Tout cela donne un sens à sa candidature. Elle sait ce qu’est le travail public, elle connaît les demandes des citoyens et elle devra rendre des comptes. Elle peut être un exemple pour sa communauté et devra servir tous les citoyens de Vachon.

Elle a gagné avec une avance de dix voix sur le candidat péquiste Stephan Fogaing. Le Parti québécois a demandé un dépouillement judiciaire. Je comprends cette démarche. Chaque voix doit être comptée, et la personne appelée à exercer le mandat doit pouvoir s’appuyer sur une victoire confirmée. Je suis fier de son parcours et j’attends le résultat du dépouillement.

Gisèle Pouhe Njall, élue députée de Rosemont sous la bannière de Québec solidaire.

Gisèle Pouhe Njall a été élue députée dans Rosemont à titre de candidate de Québec solidaire. Elle est arrivée au Québec en 2008 pour faire des études en journalisme et a travaillé dans le milieu communautaire pendant plus de dix ans. Elle a obtenu sa citoyenneté en 2023. Dix-huit ans au Québec et trois ans de citoyenneté, ce sont deux choses différentes.

C’est ce qui me fait réfléchir. Insister sur les trois années écoulées depuis qu’elle est devenue citoyenne donne l’impression qu’elle est arrivée au Québec il y a trois ans. Elle a pourtant fait ses études, travaillé et noué des amitiés avant même d’avoir sa citoyenneté.

Dans une réaction publique, Kev Houde a proposé que les immigrants attendent vingt ans avant de se présenter aux élections provinciales ou fédérales. Selon lui, avoir vécu plusieurs élections permettrait de mieux les connaître et de s’intégrer pleinement. Affine Lwalalika a vécu plus de vingt ans au Canada. Gisèle Pouhe Njall devrait attendre deux ans de plus si cette proposition était appliquée.

C’est un beau nombre, mais sa pertinence reste à démontrer. Vivre plusieurs élections permet d’apprendre comment elles se déroulent. Pour représenter une population, il faut aussi travailler, s’impliquer et rendre des comptes. Passer de dix-huit à vingt ans change une date. Il faudrait aussi expliquer ce que ces deux années apporteraient aux compétences de Gisèle Pouhe Njall pour représenter les citoyens.

Affine Lwalalika a appris comment fonctionnent nos institutions. Elle a travaillé pour différentes municipalités et a été élue deux fois par les citoyens avant de se présenter dans Vachon. Elle a prouvé son ancrage dans les responsabilités qu’elle a assumées envers d’autres personnes.

C’est aussi ça, être Québécois. Connaître les problèmes de sa communauté, y consacrer du temps et être en mesure de lui rendre des comptes. On naît quelque part, puis on s’implique là où l’on vit. Cette implication participe aussi à ce qui nous définit comme Québécois.

La citoyenneté permet de voter et de se présenter aux élections législatives fédérales ou provinciales, sous réserve des conditions électorales applicables. Ce droit est garanti par l’article 3 de la Charte canadienne des droits et libertés. Prendre sa citoyenneté au sérieux, c’est comprendre ce qu’elle implique. Ces femmes ont immigré, cela fait partie de leur histoire. Elles sont canadiennes, c’est leur présent. Leur travail permet aussi de juger ce qu’elles apportent à la société québécoise.

Les craintes d’ingérence doivent être prises au sérieux et analysées à partir de faits. Dans le texte de Kev Houde, aucun fait personnel concernant Gisèle Pouhe Njall n’est présenté pour établir une influence étrangère. L’acquisition de sa citoyenneté canadienne représente bien sûr un moment important dans son parcours, même si cette date, à elle seule, ne suffit toutefois pas à mesurer ses liens d’appartenance et son degré d’ancrage dans les sociétés canadienne et québécoise.

L’intégration, c’est aussi la responsabilité de celui qui accueille et qui exige cette intégration. Après tout, si on demande aux personnes immigrantes de se former, de travailler et de s’intégrer à la société, on devrait reconnaître la place qu’elles ont construite grâce à ces efforts. Si ces personnes migrantes veulent aller plus loin et s’impliquer davantage, leur parcours devrait compter pour quelque chose. Autrement, c’est hypocrite ; on attend des immigrants qu’ils participent à la vie collective tout en refusant d’admettre qu’ils s’y sont vraiment intégrés.

Les citoyens de Rosemont ont choisi. Ceux de Vachon attendent la confirmation du résultat. Respectons leur choix. Affine Lwalalika et Gisèle Pouhe Njall devront rendre compte de leurs actes, de leurs décisions et de leurs accomplissements. C’est ce qu’on attend de toute personne qui exerce une responsabilité politique.

Nous qui avons immigré devons aussi saisir cette occasion d’exceller. Instruisons-nous, impliquons-nous et cherchons des résultats bénéfiques pour nous et pour les autres. Dans tous les domaines où nous choisirons d’agir, nous pouvons développer une culture de l’excellence.

Cette ambition laisse entière la valeur de nos droits lorsque nous devenons citoyens. Nous aussi, nous voulons vivre une vie normale, faire des erreurs et être imparfaits. Exceller est un objectif que nous nous fixons. Cela ne devrait pas être le prix à payer pour être reconnus comme citoyens à part entière.

Le choix des électeurs de Vachon en faveur d’Affine Lwalalika est une source de fierté. Son origine congolaise fait partie de son histoire. Les responsabilités qui l’attendent concernent le Québec et son avenir. Excellons et prenons notre part de responsabilité. Nous sommes d’ici et notre travail contribue à faire grandir le Québec.

Joël Kamala Mwindo
Auteur et essayiste

Crédit photo à la une : parti libéral du Québec | Photo 1 : Msn

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