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Retour du PQ au pouvoir, Mark Carney face au défi souverainiste

by Etienne Kambala
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Le changement de pouvoir au Québec pourrait rapidement dépasser les frontières de la province. Avec le retour du Parti québécois aux commandes, la question de l’indépendance retrouve une place centrale dans le débat politique canadien. À Ottawa, Mark Carney préfère pour l’instant répondre à cette nouvelle donne en mettant en avant la coopération avec le futur gouvernement.

Paul St-Pierre Plamondon arrive au pouvoir avec 59 députés selon les résultats préliminaires du scrutin du 5 octobre. Il réalise ainsi un spectaculaire redressement du PQ, réduit à trois sièges quatre ans plus tôt, mais devra composer avec un gouvernement minoritaire.

Cette absence de majorité ne fait pas disparaître son principal projet politique. Le chef péquiste maintient son intention d’organiser un troisième référendum sur l’indépendance du Québec au cours de son premier mandat. Il a néanmoins déjà repoussé l’éventualité d’une telle consultation au-delà du départ de Donald Trump de la Maison-Blanche, prévu en janvier 2029.

D’ici là, Paul St-Pierre Plamondon devra surtout trouver les équilibres nécessaires pour gouverner. Avec cinq sièges manquants pour atteindre la majorité absolue de 64 députés, le PQ dépendra de l’appui d’autres élus sur plusieurs dossiers. Le rapport de forces à l’Assemblée nationale pourrait donc déterminer jusqu’où le nouveau gouvernement sera capable d’avancer sur son agenda souverainiste. Cette perspective commence déjà à faire réagir au niveau fédéral.

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Interrogé mardi au Parlement à Ottawa sur l’élection d’un gouvernement péquiste, Mark Carney n’a pas engagé la bataille sur le terrain constitutionnel. Le premier ministre canadien a plutôt insisté sur sa responsabilité de travailler avec tous les gouvernements au bénéfice de la population. « Il faut bâtir un Québec fort dans un Canada fort », a-t-il déclaré.

Mark Carney estime également qu’il n’y a « pas une minute à perdre » sur les dossiers qui nécessitent une collaboration entre les deux niveaux de gouvernement. Il cite notamment l’économie, le logement, les infrastructures et la lutte contre l’itinérance.

Ottawa choisit donc, dans l’immédiat, de ramener la relation avec Québec sur le terrain de la gestion publique plutôt que sur celui de l’indépendance. Une posture qui pourrait être mise à l’épreuve lorsque le gouvernement péquiste commencera à préciser le calendrier et les modalités de son projet référendaire.

Paul St-Pierre Plamondon devra aussi faire face à une opposition libérale renforcée. Le Parti libéral du Québec compte 40 candidats élus ou en avance et conservera le statut d’opposition officielle. Son chef, Charles Milliard, promet de collaborer avec le gouvernement sur certains dossiers sociaux et économiques, mais entend combattre toute démarche conduisant à un nouveau référendum.

Le scrutin a également consacré l’émergence du Parti conservateur du Québec, qui obtient 19 députés, tandis que Québec solidaire conserve une présence à l’Assemblée nationale. La Coalition avenir Québec subit, elle, un effondrement après huit années au pouvoir et ne décroche aucun siège.

Le Québec entre ainsi dans une période politique inhabituelle. Le PQ retrouve le gouvernement, mais sans majorité pour imposer seul son programme. À Ottawa, Mark Carney tend pour le moment la main sur les dossiers communs. Entre les deux gouvernements demeure toutefois une divergence fondamentale : l’un veut préparer le Québec à se prononcer de nouveau sur son indépendance, l’autre défend sa place au sein du Canada.

Crédit Photo A La Une : Phil Desforges

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