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Ebola en RDC : près d’un malade sur deux décède, l’épidémie franchit le cap de 3.000 morts

L’épidémie d’Ebola provoquée par le virus Bundibugyo prend une ampleur particulièrement meurtrière en République démocratique du Congo. Sur les 6.186 personnes officiellement contaminées depuis le début de la flambée, 3.007 ont perdu la vie, soit près d’un malade sur deux.

Le dernier rapport de l’Institut national de santé publique, arrêté au 31 août 2026, fait également état de 1.409 guérisons. Le taux de létalité national atteint désormais 48,6 %.

Mais derrière ce bilan national se cache une forte disparité entre les provinces. L’Ituri supporte à elle seule l’essentiel du poids de l’épidémie. Avec 5.065 cas confirmés, cette province représente 81,9 % des contaminations enregistrées dans toute la RDC. Elle compte également 2.305 décès.

La maladie y gagne progressivement du terrain. Vingt-huit zones de santé sur les 36 que compte la province ont déjà été atteintes. Dans plusieurs localités, notamment Bambu, Nizi, Kigonze et Lolwa, les capacités de prise en charge sont mises à rude épreuve par l’afflux des malades.

Le Nord-Kivu connaît une autre réalité inquiétante. Si le nombre de contaminations y reste largement inférieur à celui de l’Ituri, la mortalité y est proportionnellement plus élevée. Sur 868 cas confirmés, 589 personnes sont décédées, ce qui porte la létalité à 67,9 %.

Les structures sanitaires de la province fonctionnent également au-delà de leurs capacités. Les centres de traitement et d’isolement disposaient de 220 lits alors que 283 patients y étaient pris en charge.

L’épidémie ne se limite toutefois plus à ces deux provinces. Le Haut-Uélé, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Bas-Uélé sont également touchés. Au total, 60 zones de santé sont concernées dans six provinces du pays.

La dynamique de transmission reste soutenue. Pour la seule journée couverte par le dernier rapport, 86 nouvelles contaminations ont été détectées, dont 49 en Ituri, 32 au Nord-Kivu et cinq dans le Haut-Uélé. Cinquante-sept personnes sont mortes au cours de la même période, tandis que 26 autres ont été déclarées guéries.

La majorité des décès du jour, soit 43 sur 57, sont survenus en dehors des centres de traitement. Un indicateur qui illustre également les difficultés rencontrées par les équipes de riposte pour identifier et prendre en charge rapidement les malades.

Le dispositif de surveillance reste néanmoins actif. Sur les 25.560 personnes identifiées comme ayant été en contact avec des malades, 22.499 ont effectivement été suivies, soit 88 %.

À cette pression sanitaire s’ajoutent les difficultés rencontrées sur le terrain. Certaines équipes font face à des problèmes d’accès, mais aussi à des résistances au sein des communautés. En Ituri, 20 personnes ont notamment refusé leur isolement et neuf dépouilles n’ont pas pu être prélevées.

Déclarée officiellement en mai dernier, cette flambée liée au virus Bundibugyo est la 17e épidémie d’Ebola enregistrée en RDC. Son bilan humain dépasse désormais les 3.000 morts, alors que de nouveaux cas continuent d’être détectés quotidiennement.

Crédit Photo A La Une : AP/Dieudonné Dirole