À travers son adresse à la Nation du jeudi 27 août 2026, Félix Tshisekedi ne s’est pas contenté d’annoncer un dialogue national. Le chef de l’État a surtout appelé les Congolais à repenser le fonctionnement de la République, dans un contexte marqué par les divisions politiques, les tensions sécuritaires et les profondes inégalités sociales.
Pour le Président de la République, le moment est venu de dépasser les querelles politiques et les rivalités qui fragilisent régulièrement le pays.
« L’heure n’est plus aux postures stériles. L’heure n’est plus aux querelles de préséance ni aux fractures entretenues au détriment du peuple. L’heure est au sursaut, à l’unité et à l’action », a-t-il déclaré.
Dans son intervention, Félix Tshisekedi a présenté le dialogue national comme une réflexion de fond sur l’avenir de la RDC. Il estime que le pays doit choisir entre continuer à gérer les crises au coup par coup ou construire un État capable de les prévenir.
Cette réflexion concerne notamment l’administration du territoire. Le chef de l’État reconnaît que la présence de la puissance publique reste inégale dans plusieurs parties du pays.
« Voulons-nous leur laisser un territoire immense mais inégalement administré ou une puissance publique présente dans chaque province jusqu’au dernier village et à la dernière frontière ? », a-t-il lancé.
La question de la démocratie a également occupé une place importante dans son discours. Félix Tshisekedi souhaite voir les compétitions politiques se dérouler sans mettre en danger la cohésion nationale, la paix civile ou la continuité de l’État.
Le Président a également insisté sur la situation économique du pays. Malgré l’importance de ses ressources naturelles, la RDC reste confrontée à une pauvreté importante et à de fortes inégalités.
Il plaide pour une économie capable de transformer davantage ses ressources sur place, de créer des emplois et d’améliorer concrètement les conditions de vie de la population.
Mais c’est surtout sur la cohésion nationale que Félix Tshisekedi a voulu marquer les esprits.
« Nous devons bâtir une République où nul n’aura à prendre les armes pour être entendu, où l’appartenance ethnique, provinciale ou sociale ne sera ni un privilège ni un motif d’exclusion, où la justice ne sera pas l’apanage des puissants. »
À travers cette déclaration, le chef de l’État appelle à rompre avec les frustrations, les exclusions et les divisions qui alimentent régulièrement les crises politiques et sécuritaires en RDC.
Pour Félix Tshisekedi, le dialogue national doit ainsi dépasser les intérêts des acteurs politiques et ouvrir une réflexion plus large sur l’avenir du pays.
Son objectif affiché est de parvenir à « une République réconciliée avec elle-même, respectée dans la région et capable d’assumer au cœur de l’Afrique le rôle que lui assigne son histoire, sa géographie, son peuple et ses ressources ».
Un message qui place désormais la responsabilité sur l’ensemble des forces politiques et sociales appelées à participer à cette nouvelle séquence de dialogue.
Crédit Photo A La Une : Dr. Tiers
